Archives /TC Media Au centre, Heidi Rathjen, survivante de la tragédie de la polytechnique.

L’organisme PolySeSouvient accueille à bras ouverts la décision de la Cour fédérale voulant que les conservateurs remettent à Ottawa le disque dur contenant les données québécoises du registre des armes d’épaule, sachant toutefois que le combat est loin d’être terminé.

TC Media s’est entretenu avec la porte-parole Heidi Rathjen de PolySeSouvient – un groupe d’étudiants et de diplômés de la polytechnique pour le contrôle des armes – qui a elle-même survécu au massacre du 6 décembre 1989. Durant lequel, à la polytechnique, 14 femmes en génie mécanique ont succombé aux coups du tireur Marc Lépine, qui avait obtenu une carabine semi-automatique légalement.

«C’est une bonne nouvelle, mais elle soulève beaucoup de questions, souligne-t-elle. À ce point-ci, nous ne sommes certains de rien, on ne connait pas le format des données et on ne sait pas si les données sont complètes.»

Pour Mme Rathjen, il est important de souligner que le disque dur a été remis à la Cour mardi dernier et non au Québec. «Toutefois, une possibilité a vu le jour, précise-t-elle. Les données survivront jusqu’aux prochaines élections, donc un prochain gouvernement pourrait décider de changer la loi.»

Le projet de loi C-19 des conservateurs, sur l’abolition du registre des armes à feu d’épaule, a été adopté en avril 2012. Le gouvernement Harper avait ensuite détruit les données du registre de tout le pays sauf celles du Québec.

«Tous les autres grands partis politiques fédéraux et provinciaux se disent d’accord pour un registre québécois, alors que ce soit un gouvernement majoritaire ou minoritaire par l’un des groupes d’opposition, ça augure bien pour le contrôle des armes à feu au Québec», annonce-t-elle.

Prochaines étapes
Bien qu’un registre provincial soit moins efficace qu’un registre canadien, selon la porte-parole, il est tout de même préférable à son absence. «Chaque mesure contribue à la sécurité publique», précise-t-elle.

La revue de la littérature sur le sujet effectuée par le Harvard Injury Control Research Center, démontre qu’aux États-Unis, il y a corrélation entre le nombre d’armes en circulation et le nombre d’homicides.

«Il y a 25 ans, j’ai vu toute la douleur et la peine, que peut causer la combinaison d’un seul individu dérangé et d’une arme à feu. C’est une injustice totale que l’on permette à des individus comme ça de pouvoir se procurer des armes facilement et légalement qui leur permettent d’exécuter leurs intentions violentes aussi facilement», raconte-t-elle.

Le travail de cet organisme, qui existe depuis 25 ans, continuera jusqu’à ce que le contrôle des armes soit «adéquat». Mis à part l’enregistrement des armes, PolySeSouvient se bat aussi pour le contrôle sur la possession et le contrôle sur quelles armes sont légales, l’interdiction des armes d’assaut par exemple et ce, «sans les échappatoires introduits par les conservateurs», précise Mme Rathjen.

  • Avant la destruction du registre près de 8 millions d’armes étaient enregistrées au Canada. Au Québec seulement, on en comptait 1.6 million.

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