Vanessa Limoges Pancarte de la Coalition BDS.

Une coalition autorisée par Élections Canada s’attire les foudres de plusieurs organismes et acteurs juifs de Montréal après l’apparition de centaines de pancartes électorales sur lesquelles on peut lire : «Israël assassine des enfants palestiniens. Harper applaudit. Qu’en disent les autres partis?»

La pancarte, qui est attribuée à la coalition Boycott désinvestissements sanctions (BDS), présente un jeune garçon, le visage plaqué contre le sable, sans vie.

«Cette photo nous est tout aussi insupportable, déclare Sabine Friesinger, du comité de coordination du mouvement BDS. Mais il faut montrer aux gens les effets de la guerre, leurs visages, leurs noms.» Mme Friesinger déplore que personne n’ait été tenu responsable des conséquences du bombardement israélien, représenté sur ces pancartes, qui a tué quatre enfants et blessé cinq autres, le 16 juillet 2014, sur une plage de Gaza.

«On pense que la position du Canada en général et des politiciens face aux politiques israéliennes devraient changer», soutient-elle. La coalition a décidé de s’immiscer dans la campagne électorale fédérale pour dénoncer «la collégialité qui existe entre Stephen Harper et Benyamin Netanyahou», le premier ministre israélien, et pour demander aux politiciens d’aborder davantage le conflit israélo-palestinien.

Rater la cible
Le candidat conservateur dans Mont-Royal, Robert Libman, dénonce vivement la présence de ces pancartes dans la circonscription de Mont-Royal. «Un gouvernement conservateur réélu continuera à lutter contre l’antisémitisme sous toutes ses formes, ce qui comprend les campagnes de ce groupe», a-t-il souligné par voie de communiqué le 21 septembre.

David Ouellette, directeur aux affaires publiques pour le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), considère que ces pancartes ne sensibilisent en rien les citoyens et les politiciens.

«On n’encourage pas le débat éclairé en utilisant une rhétorique aussi incendiaire, affirme-t-il. Ce groupe n’est pas intéressé à régler le conflit, mais plutôt à l’exacerber.»

Le directeur des affaires publiques mentionne aussi que des pancartes ont été installées près des synagogues. «Il est certain que la population juive se sent directement visée. C’est un acte de provocation», croit-il.

La coalition se défend toutefois de tout antisémitisme, indiquant qu’elle s’en prend aux politiques israéliennes et non aux israéliens.

Elle a indiqué à TC Media que, bien que les centaines de pancartes qui se trouvent sur l’île de Montréal aient été approuvées par Élections Canada, elles seraient actuellement retirées par la Ville de Montréal.

Le 25 septembre, les pancartes de la coalition BDS étaient introuvables dans la circonscription de Mont-Royal, mais des pancartes étaient bien visibles dans Ville-Marie, sur le Plateau-Mont-Royal, dans Rosemont et aux abords d’Outremont.

Élections Canada
Questionné sur l’enregistrement de BDS Québec aux élections fédérales de 2015, Élections Canada soutient qu’en vertu de la Loi électorale, l’institution n’a pas de «droit de regard sur le contenu» des pancartes des tiers.

«Un tiers est une personne ou un groupe, à l’exception d’un candidat, d’un parti enregistré et d’une association de circonscription […] qui agit d’un commun accord dans la poursuite d’un but commun. C’est assez large», explique Francine Bastien, conseillère régionale en relations médias pour Élections Canada.

Bien que la loi ne régisse pas le contenu, les tiers doivent se conformer à certaines règles.

«Il est interdit pour un groupe de dépenser, au total, plus de 4116$ – plus 1/37ème de plus par jour dépassant les 37 jours habituels d’une campagne électorale – pour favoriser ou s’opposer à l’élection d’un ou de plusieurs candidats, dans une circonscription donnée», indique la Loi électorale.

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