Des chercheurs du CHU Ste-Justine et de l’Université de Montréal (UdeM) ont récemment démontré que de mettre à l’abri de la lumière la nourriture administrée aux prématurés permettrait de diminuer de 50% le taux de mortalité chez ces poupons.

«C’est une avancée extraordinaire que nous attendions depuis plus de 20 ans», explique Jean-Claude Lavoie, chercheur au CHU Sainte-Justine et professeur agrégé aux Départements de nutrition et de pédiatrie de l’UdeM.

Le taux de mortalité chez les prématurés, les enfants nés en deçà de 37 semaines de gestation, se situe environ à 10%. En utilisant le principe de «photoprotection», ce chiffre serait réduit à 5%.

«Avec de tels résultats, éthiquement, tous les centres où il y a des prématurés ne peuvent rester les bras croisés», soutient M. Lavoie précisant que de mettre ce dispositif en place n’est pas simple.

La photoprotection
La nutrition par intraveineuse favorise chimiquement la formation de molécules oxydantes. Des oxydants contre lesquels les prématurés peuvent difficilement se défendre et qui peuvent aussi créer différentes maladies chez l’enfant.

«Nous avons découvert que lorsque l’on prive cette nourriture de lumière, de sa production jusqu’à son administration, la création d’oxydants est réduite de moitié», explique M. Lavoie.

C’est en colligeant quatre études différentes sur le sujet, que les chercheurs ont pu tirer cette conclusion.

Image_Solute6Ibrahim Mohammed, médecin néonatologiste au CHU Ste-Justine, souligne toutefois que le matériel nécessaire à ce procédé n’existe pas encore. «On doit créer de la nouvelle tubulure, des nouvelles seringues, etc. Dans un contexte de restriction budgétaire, ce n’est pas facile et nous n’avons pas encore de partenariat concret avec des compagnies pharmaceutiques.»

Cette récente découverte, leur donne toutefois des moyens très importants pour faire des revendications auprès de Santé Canada et des compagnies pharmaceutiques soutient M. Lavoie. «Éventuellement, il faudra que les compagnies pharmaceutiques soient obligées de fournir de l’équipement qui protège de la lumière.»

Ce qui n’empêchera pas le CHU Ste-Justine de débuter un essai clinique d’ici quelques semaines.

Essai clinique
«Tout le protocole a été mis en place, nous avons mis au point une méthode de photoprotection qui est simple», explique M. Lavoie.

D’ici quelques semaines au CHU, certains prématurés seront nourris sous photoprotection. La comparaison entre la procédure habituelle et cette nouvelle méthode permettra de démontrer l’efficacité du traitement en deux ans.

Depuis plusieurs années, le nombre de prématurés est à la hausse au Canada. Santé Canada indiquait qu’en 2008, 8% des bébés voyaient le jour avant 37 semaines. Une augmentation de 1.5% comparativement aux années 90.

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