Collaboration spéciale/Gabrielle Jolicoeur Éric Martel et sa conjointe Gabrielle Jolicoeur étaient en couple depuis deux ans.

Un employé sous-traitant de l’Université de Montréal, Éric Martel, a perdu la vie le 19 février dernier alors qu’il réparait une rampe mobile du pavillon Roger-Gaudry. L’homme a pris soin de laisser à ses proches «une petite partie de lui avant de partir», raconte sa conjointe Gabrielle Jolicoeur, enceinte de 13 semaines.

Éric Martel, 27 ans, travaillait comme mécanicien d’ascenseurs depuis quatre ans et demi. Pour lui et sa conjointe, le bonheur et la consécration de leurs rêves étaient tout près, non loin de leur porte. «Son rêve était d’avoir une blonde, des enfants, une maison et un chien. Il voyait sa vie comme ça, de façon très traditionnelle», décrit-elle, en larmes au bout du fil.

Après deux ans d’amour, une nouvelle maison et un chien, la vie leur avait permis de réaliser leur souhait d’avoir un petit bébé, dont la naissance est prévue en même temps que les premières feuilles d’automne, en septembre. «On s’était dit que 2016, c’était notre année», dit Gabrielle.

«Éric était un bon vivant, plein de projets qui roulait sa vie à 100 000 à l’heure, raconte-t-elle. C’était un homme profondément bon et il influençait beaucoup de gens positivement».

Le jeune homme n’aura toutefois pas eu le temps de réaliser tous ses rêves. «Depuis qu’il avait 16 ans, il ramassait son argent pour voyager», souligne Gabrielle, d’une voix tranchée par l’émotion. L’idée d’avoir un chalet familial restera également en suspens.

Sécurité
Éric Martel travaillait sur la rampe mobile du pavillon Roger-Gaudry de l’Université de Montréal, situé sur le boulevard Édouard-Montpetit, lorsqu’il a eu son accident. L’événement, qui s’est produit vers 14h10, lui aurait fait perdre son bras. Dans un état critique, il a été conduit à l’hôpital, où son décès a été constaté.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) s’est rendue sur les lieux afin de recueillir des informations et d’interroger les témoins. Selon la CNESST, Éric Martel procédait à l’inspection visuelle des pièces mécaniques qui font avancer la rampe mobile au moment de l’incident. Il aurait retiré le protecteur grillagé alors que la rampe était toujours en mouvement.

«Pour son bras, les raisons de l’incident demeurent inconnues», indique la CNESST. Les conclusions de l’enquête seront connues dans environ six mois. Des correctifs devront être appliqués», souligne-t-elle.

Selon sa conjointe, Éric Martel avait conscience du danger qui entourait son métier. «Les travailleurs sont très conscientisés à la sécurité. Celle-ci est appliquée chaque minute et chaque seconde dans leur travail», affirme Gabrielle qui travaille comme ingénieur junior pour une firme de consultation en ascenseurs.

Une campagne est menée par l’Union internationale des constructeurs d’ascenseurs sur le site web «gofundme.com» pour récolter des fonds commémoratifs. À ce jour, plus de 16 000$ ont été amassés.

En 2014, 694 lésions et un décès reliés aux accidents de travail par des pièces en mouvement ont été recensés au Québec par la CNESST.

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