Manque de personnel, surcharge de travail, missions dénaturées : des organismes communautaires de Pointe-aux-Trembles et de Montréal-Est aussi se sentent à bout de souffle. Comme ailleurs au Québec, ils se mobilisent, avec l’appui de leur députée provinciale, pour réclamer un réinvestissement de la part du gouvernement québécois.

À la Maison Dalauze, qui accueille des femmes violentées et leurs enfants, on constate un recul. « Nous avions réussi, pour des raisons de sécurité, à doubler des quarts de travail, même la nuit. Maintenant, des employés sont seuls en poste, c’est difficile d’assurer la sécurité », dit la directrice générale Danielle Mongeau.

Au Carrefour familial Les Pitchous, on voit arriver des cas qui demandent de plus en plus de ressources, comme des parents ou des enfants avec un trouble de santé mentale, des difficultés d’apprentissage, ou référés par la Direction de la protection de la jeunesse. « Souvent, nous ne pouvons pas gérer », regrette la directrice, Josée Lafrenière. « Nous n’avons pas la prétention d’offrir des services spécialisés. »

Comme des centaines d’autres au Québec, de nombreux organismes de la pointe est de Montréal ont décidé de porter leurs doléances à leur députée provinciale le lundi 7 novembre et de fermer leurs portes le mardi et mercredi suivant, afin de dénoncer un désengagement de l’État. Selon eux, les mesures d’austérité du gouvernement libéral et les compressions qu’elles entraînent dans le réseau public de la santé, des services sociaux ou des services à l’emploi font ruisseler une surcharge de travail sur le communautaire, qui ne reçoit pas plus de ressources.

« Le CLSC en a plein les bras, alors il nous appelle pour accompagner de façon quotidienne une femme atteinte du cancer », illustre la directrice générale du Centre des femmes de Pointe-aux-Trembles-Montréal-Est, Dorette Mekmdjio. « Nous pouvons le faire de façon sporadique, mais le fait que le CLSC nous appelle à deux, trois reprises par semaine pour que nous offrions ce service, et qu’à l’autre bout, ils ne reconnaissent pas l’utilité du communautaire, parce qu’ils coupent dans nos  services, ça envoie un message contradictoire. »

Les organismes dénoncent aussi la concurrence fortuite que leur fait le système public dans les levées de fonds et la main-d’oeuvre. «Avec toutes les exigences qu’on nous demande, il faut que les services soient professionnels. Ça prend des employés qui ont des diplômes élevés, ça prend des baccalauréats de plus en plus, mais quand on paye des intervenants 14 ou 15 $/h de l’heure, ce n’est pas assez pour les retenir », explique le directeur général de la Corporation de développement communautaire de la Pointe, Jonathan Roy.

La députée de Pointe-aux-Trembles se dit «de tout cœur et de raison» avec les organismes communautaires de sa circonscription. Nicole Léger rappelle qu’en 2001, le gouvernement péquiste avait adopté une politique qui l’engageait à financer la mission des organismes et qui devait être respectée dans tout l’appareil gouvernemental. « Je suis très contente que les groupes communautaires, pendant trois jours, redisent au gouvernement : « vous avez des responsabilités envers nous, vous ne nous domperez pas n’importe quoi, vous devez investir ». »

Le ministre de la Solidarité sociale, François Blais, dévoilera ses intentions au sujet du financement des groupes communautaires lors de la présentation du plan de lutte à la pauvreté actuellement en élaboration, a indiqué son bureau.

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