CIAM Le projet de 150 M$ engendrerait plus de 600 emplois en phase de construction, puis une vingtaine en phase d’exploitation.

Des résidents de l’est de Montréal s’inquiètent de l’accumulation d’effets qu’auraient des activités industrielles existantes et un projet de terminal de carburant aéroportuaire sur la qualité de l’air.

Plusieurs citoyens ont questionné les représentants de la Corporation internationale d’avitaillement de Montréal (CIAM) lundi et mardi au Centre communautaire Roussin, dans Pointe-aux-Trembles.

La commission d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) entamait la première partie de l’audience demandée par la CIAM sur son projet de 150 M$ dévoilé en 2015.

Le quai du terminal, ses cinq à huit réservoirs de kérosène et son site de chargement ferroviaire seraient situés aux côtés des réservoirs d’autres entreprises industrielles.

Le transbordement du kérosène des navires vers les réservoirs émettra des contaminants dans l’air, comme le benzène, un hydrocarbure considéré comme cancérigène par le Centre international de Recherche sur le Cancer.

Selon une étude d’impacts, «les émissions de l’ensemble du projet seront conformes au Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère, au niveau provincial, mais aussi, avec les critères d’agents polluants du Règlement 90 de la Communauté métropolitaine de Montréal, la CMM», a soutenu Camille Taylor, ingénieure spécialisée pour la Corporation.

Vue aérienne du site 2 du projet

«Dans les faits, il peut y avoir une accumulation de différents projets», a reconnu un représentant de la Ville de Montréal, Gabriel Chèvrefils.

Le Collectif en environnement de Mercier-Est veut notamment savoir si les émissions atmosphériques avant et après le projet seront mesurées.

Son président Raymond Moquin demande aussi à savoir ce que peuvent faire les autorités si la mesure des émissions est jugée trop élevée.

La station d’échantillonnage 3, située à deux kilomètres du futur site du terminal, mesure continuellement les contaminants chimiques présents dans l’air, comme le benzène, le toluène et le xylène, a rappelé M. Chèvrefils.

Si des pointes de qualité de l’air sont élevées ou près des critères de mauvaise qualité de l’air, le Service de l’environnement de la Ville peut intervenir pour trouver les sources d’émissions et «les faire diminuer proportionnellement», a ajouté le responsable.

Pas assez
Pour Vincent Marchione, du Comité de vigilance environnementale de l’est de Montréal, il ne suffit pas que les promoteurs du projet se conforment aux exigences des différents ordres de gouvernement.

Celui qui habite l’est de Montréal depuis 40 ans s’inquiète de la proximité entre un des réservoirs du projet et des résidences des environs, ainsi qu’un réservoir de produits pétroliers ou chimiques de l’entreprise Vopak, contigüe au site choisi par la CIAM.

«La réglementation n’est pas assez exigeante pour le quartier», juge celui qui relate avoir vu des réservoirs couler et brûler.

Durant les séances, un autre résident a exprimé ses inquiétudes concernant les émanations de benzène.

L’ingénieure pour la CIAM, Camille Taylor, a fait valoir que selon l’étude d’impacts, le benzène provenant des génératrices et des chaudières des navires est présent en faible concentration. Plusieurs mesures sont prévues pour le contrôler, a-t-elle ajouté.

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