CIAM Vue aérienne du site 2 du projet

La Corporation internationale d’avitaillement de Montréal (CIAM) a déposé une demande au ministère pour que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) mène une audience sur son projet de terminal de carburant aéroportuaire à Montréal-Est.

Le consortium de compagnies aériennes a annoncé la nouvelle mardi, lors d’une séance d’information du BAPE au Centre communautaire Roussin, dans Pointe-aux-Trembles. La réponse à la demande est attendue en janvier.

Le projet déjà évoqué en 2015 verrait la construction, de cinq, puis, au besoin, de trois autres réservoirs de kérosène, pour une capacité totale de 160 millions de litres. Ce site utiliserait aussi un quai existant. Il serait situé à l’intersection sud-est des rues Notre-Dame et Gamble.

Le projet de 150 M$ engendrerait plus de 600 emplois en phase de construction, puis une vingtaine en phase d’exploitation.

Le projet évalué l’an dernier par une commission de la Communauté métropolitaine de Montréal comprend aussi un deuxième qui se trouverait sur Notre-Dame, à l’ouest de Gamble et où le carburant serait chargé dans des wagons destinés au transport ferroviaire.

Le projet inclurait aussi la construction d’un pipeline d’environ sept kilomètres, qui serait branché à une conduite existante appartenant à l’entreprise Pipelines Trans-Nord inc. (PTNI). Deux tracés du nouveau pipeline sont évalués.

Les promoteurs entendent d’abord se connecter à la conduite de PTNI qui approvisionne l’aéroport PET. Toutefois, ils n’écartent pas la possibilité de se brancher ensuite à une conduite plus vieille qui se rend jusqu’en Ontario.

Le terminal à Montréal-Est est nécessaire pour approvisionner, de façon plus fiable, les aéroports Pierre-Elliott-Trudeau à Montréal, Macdonald-Cartier à Ottawa et Pearson à Toronto, répondre à une demande «grandissante», réduire la distance d’approvisionnement entre ces aéroports et un terminal à Québec et réduire les émissions de gaz à effet de serre, arguent les promoteurs.

Si tout va bien, les travaux commenceraient à la fin 2018 et dureraient environ 30 mois. Le terminal serait mis en service en 2021.

«Pas l’acceptabilité sociale nécessaire»
Dans sa forme actuelle, le projet de la CIAM n’a pas l’acceptabilité sociale nécessaire, estime des résidents.

«Nous ne pouvons pas cautionner ce projet. Si aucune modification n’est faite, nous le rejetterons encore», clame le président du Comité de vigilance environnementale de l’est de Montréal, Vincent Marchione.

Dans sa forme actuelle, le projet n’est pas acceptable, clame Vincent Marchione, du CVEEM.

Depuis la présentation du projet en 2015, le Comité s’inquiète de la proximité des réservoirs avec des résidences de Montréal-Est et de Mercier-Est.

Le raccordement du projet au pipeline Trans-Nord est lui aussi jugé préoccupant par plusieurs.

L’Office national de l’énergie a frappé l’entreprise PTNI de plusieurs ordonnances en raison de déversements et de surpressions survenus dans son réseau pipelinier.

«Est-ce que ce pipeline est prêt à recevoir du kérosène», s’interroge Réal Bergeron, du Collectif en environnement Mercier-Est.

«Beaucoup pensent que ce projet est en fait un Cheval de Troie: on commence avec une conduite pour ensuite se brancher à l’autre», affirme Daniel Green, coprésident de la Société pour vaincre la pollution et chef adjoint du Parti vert du Canada.

En plus des risques pour la sécurité des riverains et pour le fleuve Saint-Laurent, les sceptiques craignent aussi des effets cumulatifs du projet.

«Sécuritaire», le kérosène
Le transport et l’entreposage de kérosène dans Montréal-Est n’entraîneront pas de catastrophe comme l’accident ferroviaire qui a tué 47 personnes à Lac-Mégantic en juillet 2013, assurent les représentants de la CIAM.

D’abord, le kérosène, contrairement au pétrole brut, n’explose pas et est peu volatil, font valoir le président et le directeur environnement et ingénierie de la Corporation, Robert Iasenza et Matthew McKernan.

Christine Guay, de la firme Golder Associés, prend la parole aux côtés de Robert Iasenza (centre) et Matthew McKernan, de la CIAM, lors d’une séance d’information du BAPE au Centre communautaire Roussin.

Ensuite, les réservoirs qui contiendront le carburant seront neufs, «sécuritaires» et situés «en zone industrielle», dans un secteur «dédié au chargement de liquides en vrac», ajoutent les représentants.

Par ailleurs, des modélisations faites selon des exigences ministérielles ont montré que les conséquences d’un accident sur les sites du terminal seraient contenues à l’intérieur des terrains industriels avoisinants, mentionne M. McKernan.

«Le produit comme tel est l’un des plus sécuritaires des produits qu’on connaît bien, comme l’essence. C’est un liquide peu volatil, clair, et selon le Règlement sur le transport des matières dangereuses, classé parmi les hydrocarbures qui comportent le moins de risque», soutient le responsable, lors d’un breffage technique.

Grâce à un ensemble de mesures prévues, le risque d’un incident majeur est très faible, affirme-t-il.

Les mesures incluent une protection cathodique pour le fonds des réservoirs et les pipelines, un système de fermeture d’urgence pour les vannes et les pompes, un système de distribution de mousse pour les réservoirs et un plan de mesures d’urgence.

«On parle de mettre en place les meilleures pratiques de l’industrie au niveau de la conception, les équipements, l’opération», atteste le directeur.

 

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