Archives / TC Media Le terminal devrait avoir une capacité de 160 M de litres de carburant aéroportuaire.

La construction d’un terminal de carburant aéroportuaire envisagée à Montréal-Est, engendrerait de «faibles risques» d’accident selon une étude d’impact environnementale indépendante commandée par la Corporation internationale d’avitaillement de Montréal (CIAM). Une conclusion qui ne fait pas le bonheur des environnementalistes du secteur qui restent sceptiques face au dévoilement de ces premiers résultats.

Le projet porté par la CIAM, comprend la construction de huit réservoirs, ainsi que les connexions d’approvisionnement et de transport de carburant. Il vise à alimenter trois aéroports de l’est du Canada, soit celui de Montréal et ceux de Toronto et d’Ottawa.

Selon les résultats préliminaires de l’étude d’impact et de l’analyse de risques technologiques, les normes provinciales et municipales sur la qualité de l’air, ainsi les limites de bruit fixées par Québec sont respectées.

«Nous avons envisagé les pires scénarios lors des études et vérifications que nous avons effectués et dans tous les cas, nous respectons toujours les normes et règlementations en vigueur», explique Christine Guay, directrice du projet de Golder Associés, firme indépendante mandatée par la CIAM pour réaliser l’étude en question.

De plus, on affirme que le projet engendrera une baisse de 10 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées au transport de carburant entre Québec et Montréal.

«Étant donné que le carburant arrivera directement par bateau à Montréal et qu’il sera par la suite transporté par pipeline jusqu’à sa destination finale, il y aura définitivement une réduction significative des GES», ajoute Mme Guay.

Un projet à faible risque
Jean-Paul Lacoursière, consultant externe et expert en gestion de risque qui collaboré à l’élaboration du Règlement sur les urgences environnementales de la Loi canadienne de protection de l’environnement, explique que le projet a des faibles risques technologiques. Selon lui, les conséquences d’éventuels accidents seraient dans tous les cas, restreintes au terminal.

«Le carburant d’aviation est encore plus sécuritaire que l’essence car il est beaucoup moins volatile. Il est inclus dans la catégorie des hydrocarbures comportant le moins de risques, dit-il. Après avoir envisagé une série de scénarios comportant des accidents, j’arrive à la conclusion que dans tous les cas, les effets seraient contenus à l’intérieur du terrain industriel.»

Toujours sceptiques
Vincent Marchione, membre du comité de vigilance environnementale de l’est de Montréal (CVEEM), reste sceptique face aux conclusions tirées par les experts consultés par la CIAM.

«On parle de réduction de gaz à effet de serre et de respect de normes de la qualité de l’air mais d’un point de vue global. On ne parle jamais des conséquences de ce projet sur une échelle locale, tempête M. Marchione. Ça fait des années que nous travaillons afin d’améliorer la qualité de l’air dans notre secteur et malgré ce que la CIAM dit, ce projet va inévitablement inverser la donne.»

Luc Falardeau, de la Coalition vigilance oléoducs (COVO) indique pour sa part, qu’il est toujours inquiet des risques industriels associés au projet.

«On nous parle de risques technologiques faibles, mais présentement, ces risques n’existent tout simplement pas, dit-il. On joue sur les mots en disant que le carburant d’aviation est sécuritaire, mais c’est un liquide combustible très dangereux et instable qui peut occasionner des graves accidents avec des conséquences funestes pour les citoyens et pour l’environnement.»

Rappelons qu’un avis de projet a été déposé auprès du MDDELCC au printemps dernier. Une fois que l’étude sera complétée, il sera soumis auprès du Ministère afin que ce dernier fasse les recommandations nécessaires.

 

 

 

 

 

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