Amélie Gamache La filiale 173 de LRC de Montréal-Est comptait en mars dernier 87 membres, alors qu’elle en a déjà recensé 480. Le nouveau président, Mario Fortin, affirme ne pas avoir pu savoir quel est le nombre actuel de membres.

Le dimanche 11 novembre marquera le centième anniversaire de l’Armistice ayant mis fin à la Première Guerre mondiale. Encore cette année, une parade militaire et une cérémonie au cénotaphe de Montréal-Est honoreront la mémoire de ceux qui ont fait le sacrifice de leurs vies pour défendre nos libertés.

Le départ de la parade se fera à 10h30, aux locaux de la filiale 173 de la Légion royale Canadienne (LRC) de la rue Dorchester, près de la première avenue, à Montréal-Est.

Plus de 200 personnes, dont 150 cadets et plusieurs vétérans, paraderont ensuite au son de la fanfare militaire sur la rue Broadway, avant d’emprunter la rue Notre-Dame jusqu’au parc de l’Hôtel de Ville.

Une cérémonie d’une trentaine de minutes se déroulera ensuite près du cénotaphe. Elle débutera à 11h, et non à 14h comme ce fut le cas ces dernières années.

Seront présents, outre les députés provincial et fédéral et le maire de Montréal-Est, des vétérans de la Seconde Guerre et de la Guerre de Corée, de même qu’un grand nombre de vétérans des Forces armées Canadiennes, ainsi que plusieurs membres des forces régulières et des réserves.

«  Les préparatifs vont très bien, nous sommes prêts », affirme Noël Choquette, membre de la LRC et organisateur des cérémonies, qui a servi dans l’Armée canadienne entre 1972 et 1979.

Il y a un devoir de mémoire, selon lui. « Je pense à mes enfants et mes petits-enfants, et je veux passer ce devoir de mémoire. Il ne faut pas oublier. »

Changement de garde

Une nouvelle génération de vétérans est dorénavant à la tête de la filiale 173 de LRC de Montréal-Est.

« Un vétéran, avant, c’est quelqu’un qui avait fait une des deux guerres mondiales, ou la Guerre de Corée, explique Mario Fortin, président de l’organisme depuis septembre. Mais la nouvelle génération, c’est nous, ceux qui ont fait l’Afghanistan et la Bosnie. »

L’arrivée de cette nouvelle cohorte ne s’est pas faite sans heurts. Alors que les unités régulières de l’armée s’éloignaient de Montréal et que  les vétérans décédaient, ce sont les membres associés, des civils, qui ont noyauté l’administration des Légions, selon celui qui compte 35 ans de service au sein des Forces canadiennes.

« Quand ils ont vu des jeunes vétérans comme nous arriver, ils n’étaient pas habitués. On a eu de la misère à se faire accepter, affirme-t-il.  Ils ont oublié pourquoi la légion est là, c’est pour les vétérans, qu’ils soient jeunes ou vieux, même si les civils sont évidemment bienvenus. »

Après six séjours en Bosnie et une mission de combat en Afghanistan, M. Fortin a reçu un diagnostic de choc post-traumatique avancé.

Il a malgré tout continué son service pendant plusieurs années, jusqu’au jour où il s’est mis à « péter des téléphones dans le bureau. »

« En combat, la plupart du temps, tu ne sais même pas d’où vient la balle, le gars est caché quelque part, et ça marque, se souvient-il. Aujourd’hui, j’en parle avec plus de facilité parce que j’ai eu deux thérapies. »

Former un comité avec davantage de vétérans qui pourraient se soutenir était donc une priorité pour Mario Fortin, dont les deux vice-présidents, la trésorière et le secrétaire sont aujourd’hui des vétérans ou des officiers.

« Je n’ai que deux civils dans mon équipe. Je suis une des seules légions qui a réussi à faire ça, alors que plusieurs ferment», dit-il.

Il affirme que la légion montréalestoise compte maintenant 25 vétérans dans ses rangs, alors qu’il n’y en avait que 2 ou 3 lors de son arrivée.

Un premier Jour du Souvenir sans l’ANAVETS depuis plus de 50 ans

Les célébrations marquant le Jour du Souvenir étaient jusqu’ici sous l’égide de l’unité 308 des Anciens Combattants de l’Armée, de la Marine et des Forces aériennes au Canada (ANAVETS), qui a fermé ses portes au printemps dernier.

Le dernier président de l’organisme, Jean-Pierre Lefort, responsable de l’événement depuis 10 ans,  a collaboré avec les nouveaux organisateurs, la filiale montréalestoise de la Légion royale Canadienne.

« Honnêtement, ça me fait très, très mal, avoue-t-il. Pas parce que la Légion l’organise, mais parce que je ne suis pas encore en paix avec la fermeture de l’ANAVETS, où je m’impliquais avec acharnement. Remettre ma charte m’a vraiment fait de la peine. »

Incapable d’assumer les coûts administratifs et l’entretien de son édifice vieillissant, l’ancien presbytère St-Octave, l’association était de plus en proie à un déclin important du nombre de ses membres.

« Lorsque  ça a fermé, il ne me restait que 20 membres. Et sur ces membres, nous n’étions que 3 anciens militaires. Des anciens combattants de la Deuxième Guerre, je n’en avais plus. Les gens vieillissent…  », lance M. Lefort, songeur.

Plusieurs souvenirs lui restent, dont une expérience qui a marqué sa toute première organisation des commémorations. « Je n’avais pas prévenu les ports, et lorsqu’on a tiré du canon, un paquebot passait. À cause du bruit et de la fumée, les gens ont paniqué sur le bateau, le capitaine a appelé la police en disant qu’on lui tirait dessus », se rappelle-t-il en riant.

 

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