Soutenez

Suncor: les entreprises freinées par le moratoire crient à l’aide

Photo: Isabelle Bergeron/TC Media

Les entrepreneurs bloqués par le moratoire qui empêche le développement autour de la raffinerie Suncor accentuent la pression. Ils exigent soit l’expropriation ou une compensation financière par l’entremise d’une baisse de taxes pour l’année en cours.

La Coalition pour le développement économique de Pointe-aux-Trembles (CDEPAT) qui regroupe une cinquantaine d’entrepreneurs, estime que les entreprises visés par ce «blocage», représentent autour de 44 M$ en valorisation foncière et payent autour de 2,3 M$ en taxes par année.

Selon ce regroupement, les conséquences économiques de cette suspension imposée par l’arrondissement sont importantes.

Le moratoire instauré au printemps 2014 interdit tout projet de construction, de rénovation ou d’expansion, ainsi que la vente ou la location d’immeubles dans un rayon de 610 mètres autour des réservoirs de butane à l’angle des boulevard Saint-Jean-Baptiste et Métropolitain.

Il a été mis en place par l’arrondissement en raison du niveau de risque associé à la présence de ce liquide inflammable.

«Soit on nous laisse travailler et on met en place une structure de protection pour nos entreprises et l’autoroute 40 ou on nous exproprie en assumant les coûts d’affaires que nous allons devoir débourser, mais il faut que ça bouge. Ça ne peut plus continuer comme ça», indique Martin Dubois, membre de la coalition.

La coalition formée voilà quelques semaines dans le but d’exiger une fin au moratoire en question, reproche à l’arrondissement de ne pas être transparent dans ce dossier et de manquer d’empathie envers les entrepreneurs visés par le «blocage».

Pris en otage
«Nous sommes pris en otage par cette décision arbitraire et unilatérale qui perdure depuis déjà trop longtemps, indique Michel Massé, propriétaire de la compagnie de design et impression 3D, USIMMM. Nous commençons tous à avoir des craintes pécuniaires et à nous demander si les efforts que nous avons mis tout au long de notre vie dans nos entreprises, ne valent plus rien avec tout ce qui arrive présentement.»

Même son de cloche du côté de l’entrepreneur Luciano Piazza, propriétaire du Carrefour brique et pavé.

«Qui va assumer les pertes que nous subissons en ce moment? Nous sommes tous bloqués par ce moratoire, nous ne pouvons rien faire, mais nous devons tout de même payer nos taxes foncières», dit-il.

La coalition déplore également le manque de communication de la part de la municipalité.

«Ce n’est pas vrai que le maire et la mairesse sont venus nous voir pour nous rassurer, on a demandé à les voir pour avoir des explications et ils sont venus nous parler, mais ils ne l’ont pas fait de leur gré. Ici il y a des gens qui subissent beaucoup de préjudices alors un peu d’empathie, ça ne ferait pas de tort», conclut M. Dubois.

Moratoire Suncor

La mairesse Rouleau veut dénouer l’impasse

Confrontée à la pression des entrepreneurs bloqués par le moratoire autour de la raffinerie Suncor, la mairesse Chantal Rouleau ne ferme pas la porte à une éventuelle compensation financière par l’entremise d’une baisse de taxes aux entreprises les plus touchées par le blocage.

Elle indique que des «analyses» sont présentement faites en ce sens et précise qu’elle attend avec impatience le rapport final qui devrait être rendu prochainement par le Centre de sécurité civil.

«Nous travaillons très fort afin de faire avancer les choses. Nous explorons toutes les possibilités, mais il faut comprendre que c’est une question de sécurité. Je ne peux pas ignorer l’avis donné par nos experts, alors nous attendrons que ce dernier soit dévoilé avant de prendre une décision finale», dit-elle.

Mme Rouleau explique que trois comités se sont formés afin de faire avancer le dossier le plus rapidement possible.

«Nous avons un groupe d’experts, un groupe de dirigeants de la ville, ainsi qu’un groupe d’élus dont je fais partie et qui travaille d’arrache-pied afin de dénouer l’impasse.»

Questionnée sur la possible perte de valeurs des terrains affectés par le moratoire, la mairesse s’est montrée plutôt prudente.

«Je ne me prononcerai pas en fonction de la spéculation. S’il y a des compensations à donner, nous discuterons de cela avec les gens directement touchés, s’il y a lieu. Nous sommes présentement en mode solution et c’est sur quoi je travaille en ce moment», déclare-t-elle.

La mairesse s’est dite «désolée» d’apprendre que certains entrepreneurs se sentaient «abandonnés» par la municipalité.

«Je comprends tout à fait leurs inquiétudes et je suis très empathique. Nous sommes très à l’écoute et nous restons en contact avec eux.»

Elle conclut en signalant qu’une rencontre est envisagée, une fois que le rapport sera dévoilé.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.