Samantha Velandia/TC Media Le clocher a été bâti au milieu des années 50.

Alors que l’église Sainte-Octave devrait être rasée pour faire place à projet immobilier, une quinzaine de citoyens de Montréal-Est se mobilisent afin de préserver son clocher. Le groupe demande au conseil municipal de le déménager afin de préserver le patrimoine religieux et historique de la municipalité.

«Il appartient aux citoyens de Montréal-Est, il est très important de le garder pour préserver notre identité», fait valoir Sylvie Dauphinais, conseillère de ville, parlant du clocher forgé et érigé au milieu des années 50.

Ce dernier, une structure à part entière située à quelques pas de l’église, aurait été vendu en même temps que le terrain et l’église, selon le maire Robert Coutu, qui explique que ce sont les cloches qui appartiennent toujours à la municipalité.

«Nous sommes toujours propriétaires des cloches et de l’orgue et il y a déjà des personnes intéressées à les avoir. En ce qui concerne le clocher en tant que tel, il est maintenant propriété du Groupe Magma», précise l’élu.

Aucune demande formelle
Le maire Coutu indique qu’aucun membre de son administration n’a reçu une demande formelle pour la sauvegarde du clocher.

«Il aurait été préférable de nous en parler avant la vente officielle du terrain, dit-il. Si je reçois une demande formelle, que c’est un souhait de la majorité des citoyens et que le prix de déménagement est raisonnable, je suis ouvert à toute bonne proposition.»

En faire un monument

Nathalie Mauborgne, Sylvie Dauphinais, et Pauline Robier Blain, militantes pour la sauvegarde du clocher.

Nathalie Mauborgne, Sylvie Dauphinais, et Pauline Robier Blain, militantes pour la sauvegarde du clocher.

La conseillère Dauphinais souhaite que ce «symbole» de la municipalité soit préservé, idéalement en étant installé en bordure du fleuve Saint-Laurent, au parc de l’Hôtel de Ville.

Selon Maurice Vanier, représentant de l’Atelier d’histoire de Pointe-aux-Trembles, le clocher est considéré par les historiens de son organisme comme un monument à préserver.

«Cette structure est très rare au Québec, ce qui lui donne une valeur architecturale et historique importante. La plupart des clochers sont incorporés aux églises alors que celui-ci est indépendant», indique M. Vanier qui aimerait qu’une plaque historique soit posée près du clocher.

C’est le grand-père de Nathalie Mauborgne, Camille Mauborgne, arrivé de France après la Première Guerre mondiale, qui a forgé de ses propres mains le clocher installé aujourd’hui sur la rue Notre-Dame.

«Nous serons bientôt la cinquième génération des Mauborgne à Montréal-Est. C’est l’œuvre de notre grand-père. Le clocher a une valeur sentimentale inestimable, dit-elle. Je n’ai pas pu passer beaucoup de temps avec mon grand-père, il est mort en 1977 à l’âge de 93 ans, alors de voir ce clocher à tous les jours, c’est comme ça qu’il vit.»

De même pour Pauline Robier Blain, dont le père a fabriqué l’une des petites cloches de la structure.

«Il l’a donné à l’église en 1958. Il m’avait dit à l’époque que ça coûtait 1000 $. J’aimerais qu’on la sauvegarde, ça fait partie de notre histoire, ça fait partie de nous.»

Selon la ville, une expertise avait évalué le coût du déménagement du clocher à 60 000 $

 

 

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