Photo TC Media - Nathlie Vigneault Yves Plante présente les quelques pièces qui composeront le futur voile-aviron des Jeunes Marins urbains.

En marge de l’annonce de la première du documentaire «L’arbre qui voulait naviguer»,  qui sera présenté au Rendez-vous du cinéma québécois, TC Media a rencontré le capitaine derrière l’ambitieux projet «Les Jeunes Marins Urbains», dont fait l’objet le court film.

Dans le nouvel atelier prêté par l’échoFab Durable de Rivière-des-Prairies, Yves Plante, résident d’Ahunstic, présente ce qui deviendra le prochain voile-aviron qui sillonnera les eaux du Saint-Laurent cet été. Des restes de frênes, coupés à cause de l’agrile dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, seront découpés, pliés, sablés, puis assemblés, avec l’aide de gens de divers horizons, attirés par l’idée. Il sera le troisième voile-aviron de ce type, après «Cœur de frêne» et «La Montréalaise».

Il fallait un navigateur chevronné, mais surtout ambitieux et créatif pour imaginer une telle aventure: celle de la construction, en quelques semaines, d’un bateau navigable sur le Saint-Laurent pouvant accueillir une douzaine de personnes.

Cette initiative sera portée au grand écran par deux cinéastes: Martin Beaulieu et Stéphanie Lessard-Bérubé, qui a aussi participé à la construction. Le documentaire «L’arbre qui voulait naviguer» a été sélectionné pour la programmation des Rendez-vous du cinéma québécois, en première le 25 février, au cinéma du Quartier Latin.

«Je suis très heureux de faire connaître notre projet à travers ce documentaire. J’espère que les arbres qui sont malheureusement coupés parce qu’ils sont malades vont servir à d’autres belles initiatives. Et je sais qu’il y en a», affirme Yves Plante.

Outil de rapprochement social

L’idée qui se voulait d’abord un projet personnel, s’est transformée en une aventure collective dès 2015. «Au départ, je voulais construire un bateau pour moi, un projet accessible sur une courte période. Ma fille a aussi participé. Ce qui s’est produit, c’est que je l’ai vue se transformer, évoluer à travers ce projet-là. J’ai pensé que d’autres, jeunes ou moins jeunes, pourraient en faire autant si on leur en donnait l’occasion», raconte M. Plante.

Une opportunité aussi, de rencontrer des gens, de les faire se rapprocher, de s’intégrer à un groupe dont les membres poursuivent le même objectif ultime: celui de naviguer dans le bateau qu’ils auront construit.

«Je me suis rendu compte assez rapidement que oui, c’était possible de rassembler des gens qui ne se connaissent pas et qui n’ont jamais travaillé le bois ni même jamais navigué, afin de bâtir un bateau qu’ils pourront naviguer», résume M. Plante.

La voile en ville pour tous

Le voile-aviron, imaginé par le designer Éric McNicholl, est grandement inspiré du rabaska, excepté qu’il possède deux voiles. Yves Plante le voulait léger, rapide, peu coûteux et surtout, facile à manœuvrer. La coque en toile de nylon balistique s’est alors imposée, le tout maintenu par des lisses et des membrures de bois.

À la question: est-ce assez solide pour résister aux chocs des hauts fonds? «Il n’y a pas de bateau invincible, même le Titanic a coulé», répond-il sourire en coin. Plus sérieusement, il se fait rassurant: «Le nylon et le bois sont assez souples pour s’étirer et reprendre leur forme, d’autant plus que le bateau, étant très léger, diminue le choc», explique-t-il.

Côté rapidité, le concept est adapté aux besoins. «Le bateau va assez vite pour que les gens aient du plaisir, mais pas trop vite pour ne pas couper leur « fun », dit-il. On a déjà atteint une vitesse d’environ 5 à 6 nœuds à contre-courant».

Navigateurs et constructeurs recherchés

L’organisme lance un tout nouveau projet s’adressant à tous les citoyens de l’Île de Montréal: le chantier naval de quartier. L’objectif est de doter chaque arrondissement d’un voile-aviron d’ici 2022, donc de construire 20 voiles-avirons. Les gens peuvent donc participer à ce chantier en s’inscirvant dès cette année.

Avec tout cela, l’organisme aura aussi besoin de gens pour manier ces bateaux, maintenant que le concept de voile-aviron a été testé largement au cours des deux dernières années. « Pas moins de 300 personnes ont eu l’occasion d’embarquer dans «La Montréalaise» en 2017.

L’objectif sera de former plus de gens intéressés à manœuvrer les bateaux, afin de pouvoir répondre à la demande des tours d’initiation notamment.

Pour participer à la construction du voile-aviron 2018, on visite le http://www.jeunesmarinsurbains.org

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