Sylvain Gagnon Photographer Les cerfs de Virginie sont au nombre d'une quarantaine dans le parc-nature de la Pointe-aux-Prairies. (Photo : pacophoto.ca)

Bien que la chasse soit formellement interdite dans le parc-nature de la Pointe-aux-Prairies, des chasseurs munis d’armes s’y rendent en quête de cerfs de Virginie. Une pratique dangereuse puisque ce boisé est fort couru par les marcheurs et les cyclistes.

La Ville de Montréal confirme que trois chasseurs munis d’arbalètes ont été interceptés, le 21 septembre.

Les policiers ont été contactés, mais seulement un avertissement a été donné aux trois individus, puisqu’il s’agissait probablement d’une première offense.

C’était la deuxième fois en trois ans que les autorités ont dû intervenir pour la présence de chasseurs dans un parc-nature.

Sécurité
Mais le 24 septembre, en soirée, Paul Mayer, un citoyen qui fréquente le parc régulièrement, aurait surpris un autre chasseur, muni lui aussi d’une arbalète.

Ils auraient eu un échange plutôt corsé et le chasseur a finalement décidé de quitter les lieux.

«Ça n’a pas de bon sens que certaines personnes chassent à cet endroit pendant que des gens se promènent dans le parc», dénonce M. Mayer, qui y voit un enjeu de sécurité important.

La Ville de Montréal ne confirme pas l’incident du 24 septembre, mais assure «faire tout en son pouvoir pour faire respecter la réglementation» dans ce parc qui accueille 100 000 visiteurs tous les ans.

«Dans un contexte fortement urbanisé, les règles sur la sécurité publique doivent avoir prédominance sur les règles de la chasse sportive au Québec», insiste Renée Pageau, relationniste à la Ville de Montréal.

Règlement
Les cerfs de virginie sont présents en grand nombre au parc-nature de la Pointe-aux-Prairies, un bois de 261 hectares. Toutefois, le règlement municipal interdisant la chasse dans les parcs régionaux de la Ville de Montréal est clair.

«Ainsi, tous les arcs, arbalètes, fusils et carabines sont interdits sur le territoire des parcs régionaux de l’île de Montréal: question de sécurité», ajoute Renée Pageau.

Elle précise que la Ville intercepte «très rarement des chasseurs dans les parcs-nature» et qu’il s’agit d’une «situation exceptionnelle».

Les employés des parcs qui seraient confrontés à la présence de chasseurs sont invités à «contacter illico le service de police ou, en situation de braconnage, les agents de protection de la faune du ministère des Forêts, de la Faune et de Parcs (MFFP)».

Le pouvoir d’intervention des agents de la faune du MFFP est plutôt limité, en vertu de la réglementation provinciale sur la chasse sportive au Québec.

Ils interviennent seulement en cas de braconnage, par exemple lors de la chasse hors saison ou pour le non-respect de quotas.

Jacques Nadeau, porte-parole du MFFP demande aux citoyens de «ne pas hésiter à appeler la ligne SOS Braconnage (1 800 463-2191) s’ils sont témoins d’une situation dangereuse».

Environ 8000 signalements sont faits par le biais de cette ligne, qui relève du MFFP, tous les ans, au Québec.

Surpopulation de cerfs

Les dernières statistiques démontrent qu’il y a plus 40 cerfs de Virginie dans le parc-nature de la Pointe-aux-Prairies, soit quatre fois plus que ce qu’il devrait accueillir. Un comité créé pour remédier à la situation étudie actuellement la question.

Il s’agit d’un dossier mené par le conseiller de Ville, Richard Guay. Ce dernier a dit ignorer que des chasseurs avaient été aperçus dans ce parc récemment.

«J’ai déjà entendu des rumeurs, mais il n’y avait rien de démontré.»

Un comité a été formé, l’an dernier pour travailler sur des solutions permanentes à la surpopulation de cerfs. Le comité s’est rencontré à quelques reprises, mais avant d’agir, les responsables souhaitent avoir en main toutes les informations nécessaires.

«Nous avons installé des caméras dans le parc pour connaître leurs habitudes pendant l’hiver et le printemps et aussi pour savoir combien il y a de mâles et de femelles», explique M. Guay.

Les résultats de ces observations guideront les prochaines actions qui seront posées pour enrayer le problème de surpopulation.

L’élu rappelle que certaines solutions peuvent déjà être mises en place, comme l’installation de clôtures pour éviter que les cerfs de Virginie s’échappent du parc-nature.

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