Archives TC Media La prison de Bordeaux, à Montréal.

Le ministère de la Sécurité publique se dit «au fait» de cette surpopulation carcérale et explique assurer «un suivi régulier» dans son évolution.

Pour l’administration, ce «phénomène de surpopulation se vit davantage avec la clientèle intermittente incarcérée les fins de semaine.»

Le ministère ajoute que «la population moyenne quotidienne en institution est demeurée stable, soit respectivement de 5 179, 5 178 et 5 097» de 2013-2014 à 2015-2016, pour l’ensemble des établissements de détention au Québec.

Pour lutter contre ce problème, le ministère évoque «l’ouverture prochaine des nouveaux établissements de détention d’Amos, de Sept-Îles et de Sorel-Tracy, la récente ouverture du nouvel Établissement de détention de Roberval, ainsi que l’ajout de places à l’Établissement de détention Leclerc de Laval et le doublage de certaines cellules à Roberval et à Montréal» qui «aident à gérer ce problème de surpopulation.»

L’ex gouvernement Harper mis en cause
Pour l’auteur Yves Thériault, spécialiste du milieu carcéral, c’est l’adoption de la loi C-10 en 2012 par l’ancien gouvernement Harper qui a notamment mené à cette surpopulation dans les prisons québécoises, notamment à Rivière-des-Prairies.

Cette loi sur la sécurité des rues et des communautés, qui prévoit notamment un passage en prison obligatoire, voire un renforcement des peines selon les infractions, est dans la ligne de mire du documentariste, auteur en 2005 de Tout le monde dehors.

«Par le passé, mettre en prison une personne en attente de jugement était à la discrétion des juges selon l’infraction. Cela a changé, assure-t-il. Ces discours très populistes, pour affirmer que tous les criminels doivent aller en prison, a malheureusement un prix et on constate à présent le résultat.»

Une vision confirmée par Mathieu Lavoie, président du syndicat des agents correctionnels du Québec.

«Ces mesures sont venues accentuer ce problème, explique-t-il. Cette situation est préoccupante et le gouvernement doit rapidement s’y pencher. Il faut trouver une solution et agir.»

Une mixité des détenus regrettée
Selon M. Thériault, le mélange des détenus peut également être problématique. «Il y a certains prévenus qui attendent un procès pour des crimes graves, mais aussi des personnes issues de gangs de rue, des rivaux ou des détenus simplement présent pour des infractions qui leur valent moins de deux ans d’emprisonnement. Avoir tous ces individus dans un milieu restreint peut amener des tensions entre prisonnier mais aussi entre eux et le personnel surveillant.»

«Faire notre travail devient problématique, souligne M. Lavoie. Lorsque le taux d’occupation dépasse 100%, c’est difficile d’évaluer les détenus et les altercations sont plus régulières.»

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