Emmanuel Delacour/TC Media Des affiches publicitaires pour l'application répertoriant des dispensaires de marijuana peuvent être aperçues à Montréal.

Flairant la décriminalisation prochaine de la marijuana récréative par le gouvernement fédéral, une entreprise américaine lance une application permettant de trouver facilement la substance dans toutes les grandes villes du Canada, incluant à Montréal.

Une quarantaine d’affiches publicitaires ont été placardées près des artères et dans les abribus de la métropole, selon les dirigeants de Weedmaps.com.

Cette compagnie située en Californie, dresse un répertoire des dispensaires de cannabis médical, mais aussi des services de livraison à domicile de produits liés à cette drogue.

Les propriétaires de l’entreprise se défendent d’offrir un service qui pourrait être considéré comme étant illégal.

«Dans les régions du monde où la marijuana n’est pas complètement légalisée, nous offrons une plateforme éducative sur laquelle on peut en apprendre plus à propos de la marijuana, des marques de commerce, des tests en laboratoire et des actualités à ce sujet», insiste Carl Fillichio, responsable des relations publiques pour Weedmaps.

Pour l’instant, le site internet n’est que partiellement fonctionnel, certaines sections restant encore vides. Un onglet intitulé «Récréatif» est disponible, mais cette section ne liste aucune entreprise sur le territoire montréalais pour l’instant.

Aucune vente directe ne se fait par l’entremise de Weedmaps, mais il est possible de cliquer sur les hyperliens menant aux sites d’entreprises de livraison à domicile à Montréal.

Contactés par TC Media, le Service de police de la Ville de Montréal et la Gendarmerie royale du Canada n’ont pas été en mesure de confirmer la légalité de ce genre de service dans le cadre législatif actuel.

Couper l’herbe sous le pied
Weedmaps a été créée en 2008, dans la ville d’Irvine en Californie, et s’affiche désormais un peu partout dans le monde, incluant en Allemagne et en Espagne. Elle diffuse aussi de l’information se voulant éducative par des capsules sur YouTube et est propriétaire du site internet marijuana.com.

Si l’entreprise se trouve dans une zone grise vis-à-vis la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, elle fait preuve d’une certaine compétition déloyale envers les futures entreprises locales qui pourraient profiter de la décriminalisation du cannabis au Canada, selon un expert en la matière.

«On constate que ces entrepreneurs veulent occuper le marché le plus rapidement possible. Les compagnies qui auront joué le jeu et qui auront attendu un changement législatif seront pénalisées, alors que ces grosses entreprises prennent les devants», affirme André Lamoureux, chargé de cours au Département de sciences politiques de l’UQAM.

Ce dernier s’inquiète aussi de la gestion de l’offre que fourniront d’autres entreprises de grande envergure qui viendront exploiter les parts de marché canadiennes, surtout sur le plan du contrôle de la qualité des produits importés.

«Weedmaps lorgne le marché canadien depuis son instauration, confirme M. Fillichio. Nous avons commencé l’embauche de nos effectifs et la création d’une structure régionale vers la fin de l’année 2015, et nous avons hâte de pouvoir agrandir nos opérations au sein de marché canadien au fur et à mesure que de nouvelles lois seront adoptées.»

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