Véritable destination sexuelle, Rosemont – La Petite-Patrie est le troisième arrondissement où l’on retrouve le plus de salons de massage érotique, derrière Ville-Marie et Côte-des-Neiges – Notre-Dame-de-Grâce, révèle une étude de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES). Afin de freiner leur prolifération, les élus ont décrété un moratoire et adopteront sous peu un règlement de contingentement.

Sur les 28 salons de massage répertoriés sur le territoire rosemontois, près d’une vingtaine se trouvent dans La Petite-Patrie (voir carte ci-jointe). Autant du côté de l’arrondissement, que du poste de quartier (PDQ) 35 ou de la CLES, on ignore ce qui explique cette forte concentration dans le secteur.

Nouveau règlement

La création de l’usage « massage » permettra d’interdire l’ouverture d’un nouvel établissement du genre dans un rayon de 300 m d’un salon de massage existant.

« Ce ne sont pas tous les salons de massage qui sont à caractère sexuel : certains opèrent de façon légitime. Pour notre part, c’est ça qui est difficile à déterminer. On n’a pas le droit de refuser de délivrer un permis sur la foi de présomptions. Par contre, là où on peut agir, c’est sur le contingentement. On a donc décidé d’en ajouter un. Par exemple, dans La Petite-Patrie, il ne pourrait pas y avoir de nouveaux salons de massage, car il y a déjà saturation », explique le maire de l’arrondissement, François W. Croteau.

Cette mesure ne permet toutefois pas d’intervenir auprès des établissements existants.

« Il ne s’agit pas seulement d’entrer dans un salon de massage et de constater ses activités [illicites] pour le faire fermer; il faut des preuves criminelles tangibles. Ça prend des plaintes. Il faut prouver qu’il contrevient au certificat d’occupation émis.

« Le reste relève de la police et des intervenants du milieu. Là où on peut aider, c’est en ciblant les salons illégaux, qui ne possèdent pas de permis », ajoute-t-il, insistant sur le fait qu’il ne relève pas du mandat de l’arrondissement d’enquêter sur ces cas.

Salons de massage dans la mire des policiers

Si aucune plainte relative aux salons de massage n’a été enregistrée au PDQ 35 et à l’arrondissement, cet enjeux a néanmoins été identifié comme une préoccupation des résidents du quartier, lors d’une consultation citoyenne tenue en novembre. En réaction, les policiers accorderont une attention particulière à ces commerces au cours de la prochaine année, annonce la commandante, Julie Santerre. Une équipe spéciale sera même affectée à ce dossier. « On a identifié un agent par groupe de travail pour collaborer avec l’équipe de la moralité, afin de voir ce qui peut être fait dans le cas des bars et des salons de massage. Ils sont cinq policiers qui développeront une expertise en la matière. » Toutefois, le récent jugement de la Cours Suprême invalidant trois articles de lois qui interdisaient le proxénétisme, la sollicitation et la tenue d’une maison de débauche, complique leur travail. « On intervient d’autres façons, notamment si des mineurs y travaillent, ou si on y retrouve des personnes recherchées qui ont des dossiers criminels. Certaines sont peut-être liées au crime organisé. La section des enquêtes est en train de regarder comment on peut aborder cette problématique et quelle direction on va prendre. C’est quelque chose qu’on ne peut pas laisser aller, mais il faut le faire dans les règles de l’art », conclut-elle.

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