Champ de mine ou course d’obstacles, certaines portions de rues à Montréal sont carrément lamentables. C’est le cas de Bélanger et Beaubien dans Rosemont–La Petite-Patrie où l’asphalte se désagrège à un point tel que des chaînes de dizaines de nids-de-poule se forment au milieu de la voie.

Rue Bélanger, au coin de l’avenue Papineau. Les nids-de-poule se suivent sur près de 500 mètres, au milieu de la chaussée, formant une tranchée. Ici et là, plusieurs cônes orange sont posés sur certains trous pour alerter les automobilistes, contraints de ralentir et de zigzaguer dangereusement.

Même scène quelques kilomètres plus loin sur la rue Beaubien, entre les rues Viau et Lacordaire, où les stigmates de l’hiver sont bien visibles.

Lors de son passage, TC Media a constaté que certains trous mesurent jusqu’à 1m50 de longueur, atteignant une profondeur de 10 cm.

L’arrondissement confirme une recrudescence des nids-de-poule cette année. Entre le 1er janvier et le 29 février, il a reçu 96 signalements, soit quasiment le double qu’à pareil date l’an dernier.

«Nous faisons tout notre possible afin de pallier la situation dès que la neige et le verglas cessent», explique-t-on aux communications, qui indiquent que les équipes colmatent en continu lorsqu’elles ne sont pas affectées au déneigement.

De son côté, la ville-centre termine une troisième opération mécanisée sur le réseau artériel.

Pansement sur une plaie béante
Les conditions météorologiques de ces dernières semaines ont accéléré la formation de trous. Avec le gel et le dégel, l’eau s’infiltre dans la chaussée et crée une dilatation de l’asphalte.

«C’est le pire temps que l’on peut avoir», confirme Pierre Langlois, consultant en revêtement bitumineux de chaussées, ingénieur à la retraite, anciennement au ministère des Transports.

À la vue des photos des nids-de-poule prises mardi, M. Langlois estime qu’une réparation permanente serait nécessaire. «Il faut excaver, découper une grande dalle et refaire la portion de rue, surtout si ce sont des rues fréquentées avec des passages d’autobus», explique-t-il.

Le maire, François Croteau, concède ce point. «On aura beau colmater d’année en année sur Bélanger, cela ne changera rien. Il faut régler la situation une bonne fois pour toute. Nous allons devoir travailler avec la ville-centre pour des travaux plus importants.»

Le problème, c’est que les réparations de ce type ne peuvent se faire qu’avec des températures clémentes, supérieures à 10 degrés.

«Normalement à cette période de l’année, on va réparer temporairement avec des matériaux à chaud ou froid. Cela va tenir l’été, mais ça va revenir dès l’hiver prochain et empirer», indique M. Langlois.

L’arrondissement planifie une série de réparations d’avril à juin.

Chez CAA, on indique que les dommages les plus fréquents sur les véhicules sont causés aux pneus et aux roues. «Les réparations tournent autour de 300$. Mais si la suspension est touchée, cela peut aller jusqu’à 1000$», explique Anne-Sophie Hamel, porte-parole.

Elle conseille aux automobilistes de ne jamais freiner dans un nid-de-poule, d’éviter de zigzaguer et de laisser une distance suffisante avec le véhicule précédent pour se laisser le temps de réagir.

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