Les ornithologues qui luttent pour la préservation des marais situés entre le Technoparc Montréal et l’aéroport, dans l’arrondissement de Saint-Laurent, peuvent maintenant compter sur l’appui du Parti vert du Canada, qui demande au fédéral d’intervenir pour protéger le milieu humide.

Ce nouveau rebondissement dans la saga du projet de l’éco-campus Hubert-Reeves est survenu mercredi, alors que les chefs des partis verts fédéraux et provinciaux, Élizabeth May et Alex Tyrrell, étaient de passage à Saint-Laurent.

Ils étaient réunis au bord du marécage qui accueille de nombreuses espèces d’oiseaux, dont certaines sont menacées, comme le Petit Blongios ou la Grive des bois.

«La population montréalaise de Petit Blongios est l’une de ces espèces menacées de disparition et nous demandons au gouvernement fédéral de faire son travail et d’appliquer la loi», déclare Elizabeth May.

Pour sa part, le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell, ajoute que «le gouvernement Couillard n’est pas intervenu sur des questions importantes, comme les bélugas du fleuve Saint-Laurent, et a démontré qu’on ne peut pas lui faire confiance pour protéger les espèces en voie d’extinction».

«Plusieurs espèces rares nichent et se nourrissent dans ce marécage. Les oiseaux nichent dans les arbres, les buissons ou sur le sol. La construction assèchera le marécage qui n’attirera plus que des bernaches et des canards», précise d’ailleurs l’ornithologue Joël Coutu.

Débat sur le certificat
Le Parti vert reproche aussi au gouvernement du Québec d’avoir émis un certificat d’autorisation de développement en 2013, basé sur une évaluation environnementale erronée de 2012, permettant ainsi des travaux dans un milieu humide.

«Notre certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement du Québec date de 2015. Si quelque chose est erroné, on aimerait savoir à quel niveau», réplique le directeur Communications et Marketing de Technoparc Montréal, Carl Baillargeon.

La construction de l’éco-campus Hubert-Reeves devait débuter ce mois-ci, mais a été repoussée en septembre pour ne pas déranger les oiseaux nicheurs. De plus, Technoparc Montréal a décidé d’engager un ornithologue pour assurer le suivi des travaux.

Construire ailleurs
«Actuellement, sur l’île de Montréal, il y a énormément de terrains contaminés, qui pourrait être décontaminés pour permettre le développement de compagnies innovantes», souligne le chef adjoint du Parti vert du Canada, Daniel Green.

Il y aurait des alternatives au marécage pour construire l’éco-campus, selon les environnementalistes, qui bénéficient de l’appui de l’avocat et ancien maire de Ville de Mont-Royal, Ricardo Hrtschan.

«Ici, les infrastructures vont coûter cher. Les gens de Saint-Laurent, dont je faisais partie dans ma jeunesse, vont payer des taxes de plus pour cet étalement urbain et le train qui va venir ici va demander des redevances en plus», ajoute Me Hrtschan.

Parc-nature
Le projet de parc-nature des Sources, qui se ferait notamment sur les terrains d’Aéroports de Montréal, ne constitue pas une solution immédiate pour protéger les espèces menacées, pour les organismes environnementaux.

«C’est une idée abstraite, aucun plan concret n’est au programme, explique Lisa Mintz de la Coalition verte. Nous ne pouvons attendre que le parc-nature soit créé, nous devons prendre soin de cet espace maintenant.»

L’arrondissement de Saint-Laurent n’a pas souhaité commenter l’intervention du Parti vert du Canada, souhaitant attendre la réponse officielle de la ministre McKenna.

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