Isabelle Bergeron/TC Media Le CJE Saint-Laurent fêtera ses 15 ans à l'occasion de ses portes ouvertes, le 16 mars.

Persévérance scolaire, intégration des nouveaux arrivants et des minorités visibles sont les mots d’ordre du Carrefour jeunesse-emploi (CJE) Saint-Laurent qui a aidé quelque 7500 jeunes âgés de 16 à 35 ans pendant sa quinzaine d’années d’existence.

Si la situation économique et sociale a évolué, les besoins sont toujours bien présents. Avec une clientèle provenant d’une soixantaine de pays différents, en plus du Canada, le CJE aide principalement les immigrants et les femmes issues de groupes ethnoculturels.

«Lors de la création du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec (RCJEQ), il y a 20 ans, le taux de chômage des jeunes était très élevé. Il y avait une volonté du gouvernement d’offrir des services dans les 110 communautés de la province», raconte le directeur et fondateur du CJE Saint-Laurent, Marc Grignon.

Depuis, le taux de chômage chez les jeunes a chuté. Il est notamment passé de 27 % à 18 % chez les immigrants entre 2006 et 2012 selon Statistiques Canada.

«Nous travaillons pour le Québec de demain. Ce n’est pas vrai que la majorité des gens est raciste si nous plaçons autant de gens», ajoute M. Grignon.

Le CJE a été menacé il y a deux ans, en raison de la révision du mode de financement, et a dû refuser d’aider ceux qui ne bénéficiaient pas de l’aide social.

Pouvant de nouveau aider presque tous les jeunes, l’organisme souhaite rencontrer la communauté, les jeunes comme les parents ainsi que les bénévoles potentiels, lors de portes ouvertes, le 16 mars.

Valoriser
«Notre objectif est d’amener les jeunes à développer eux-mêmes leur autonomie, c’est de l’enpowerment», explique le directeur du CJE.

Les participants, âgés de 26 ans en moyenne, sont accompagnés pendant trois à six mois et parfois même jusqu’à un an. Quel que soit le parcours, l’équipe travaille beaucoup sur la valorisation, notamment à travers le bénévolat, ainsi que sur le réseau de contacts de chacun.

«La recherche d’emploi a beaucoup changé en quelques années, notamment en ce qui concerne les outils technologiques», précise M. Grignon.

Pour faciliter l’insertion professionnelle, le CJE a développé des ententes informelles avec des entreprises internationales qui reconnaissent les expériences non canadiennes, en plus de siéger à la chambre de commerce.

«Parmi tous les CJE du Québec, nous sommes celui qui a les participants les plus âgés, les plus scolarisés et qui parlent le plus de langues.» – Marc Grignon, directeur fondateur du CJE Saint-Laurent

«Parmi tous les CJE du Québec, nous sommes celui qui a les participants les plus âgés, les plus scolarisés et qui parlent le plus de langues», note-t-il.

Les jeunes viennent de manière volontaire pour obtenir des services d’aide à l’emploi, de retour aux études ou à la création d’entreprise. Le CJE est présent dans les écoles secondaires de Saint-Laurent, en plus d’avoir un partenariat avec la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB). Plus de 150 bourses d’études Accroche-toi! ont été remises depuis les débuts de l’organisme pour un montant de près de 26 000 $.

Informations: cjestlaurent.org et 514 855-1616, poste 224.

Les orientations

  • Les immigrants
  • Les femmes issues de groupes ethnoculturels
  • Les jeunes à risque de décrochage scolaire
  • Les personnes sans soutien du revenu
  • Les anglophones de Saint-Laurent

 

Histoire de réussite

De son passage au CJE Saint-Laurent, Idris Bouaraguia retient notamment les activités de groupe et les conférences. (Isabelle Bergeron/TC Media)

Âgé de 26 ans, Idris Bouaraguia a participé au programme Jeunes en action en plus de retourner aux études. En moins d’un an, il a complété ses secondaires 3, 4 et 5 et prévoit étudier en vue d’un diplôme d’études professionnelles (DEP) en mécanique de protection contre les incendies.

«Ça faisait deux ans que je n’avais pas d’emploi, j’étais sur le bien-être social, je n’avais pas de logement et ma copine m’aidait», raconte-t-il.

C’est alors qu’un conseiller d’Emploi-Québec lui recommande d’aller au CJE. Il assiste alors à des conférences «sur des choses qu’on n’apprendrait pas autrement, comme le logement». Grâce à un salon de l’éducation et de l’emploi, il découvre ce qui l’intéresse.

«La motivation est venue quand j’ai été recommandé pour un emploi dans une compagnie de transports. J’avais les compétences nécessaires, j’aurais eu l’emploi si j’avais dit que j’avais mon secondaire 5, mais j’ai voulu être honnête», explique M. Bouaraguia.

Il lui manquait alors 600 heures pour compléter son secondaire. Chaque jour, il prend un livre et étudie pour réussir ses examens. «J’ai pu prouver que j’étais capable, même si tout le monde me disait que ce n’était pas possible», témoigne-t-il.

Son intervenante du CJE, Vickie Brulé-Beaudoin, a observé qu’il a profité du programme Jeunes en action pour accomplir toutes les obligations qu’il ne cessait de remettre à demain depuis plusieurs années.

Idris Bouaraguia a reçu la bourse Accroche-toi! et continue de porter fièrement le ruban vert et blanc de la persévérance scolaire.

Il n’a qu’un conseil pour des jeunes dans sa situation: «choisis un but et fais-le, même si ça ne marche pas, tu auras quelque chose sur quoi te baser».

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