Les Serres du Dos Blanc devraient finalement s’installer à Saint-Laurent afin d’y produire des légumes bio à l’année, après de longues négociations débutées en 2009. La coopérative de solidarité a obtenu un bail ainsi qu’un soutien financier de la Ville de Montréal de plus de 400 000 $.

«On aurait été le projet le plus moderne au Canada», rappelle un des membres du conseil d’administration, Guy Hébert. Le projet devait effectivement être à l’époque une vitrine technologique en matière de serriculture [culture sous serre]. À 4 M$ il y a 8 ans, les dix serres auraient notamment été chauffées par des copeaux de bois urbains, une première.

M. Hébert espère que quatre serres pourront être construites cet automne sur le terrain à côté du jardin communautaire, situé en arrière du pavillon E du Cégep de Saint-Laurent. S’il n’est plus le premier, les fermes Lufa, dans Ahunstic-Cartierville, ayant vu le jour depuis, le projet révisé à 1 M$ est toujours viable. Les Serres du Dos Blanc ont remporté cette année le prix du Défi PME MTL Centre-Ouest dans la catégorie économie sociale.

«Notre plan d’affaires a été validé par les meilleurs experts en agriculture ainsi que par le bureau de l’efficacité énergétique et le MAPAQ [ministère de l’Agriculture], mais nous n’avions pas le terrain», souligne l’agronome Issiaka Sanou.

L’arrondissement de Saint-Laurent a pris la relève pour négocier avec l’établissement d’enseignement collégial qui avait exprimé plusieurs réticences. Le cégep aurait pourtant eu accès à une serre de recherche et développement. La création d’une formation de technicien en serriculture était également envisagée, mais le programme n’existe toujours pas au Québec, alors que les besoins sur le marché sont importants, selon M. Sanou.

Économie sociale
La coopérative vise à augmenter la sécurité alimentaire et l’insertion professionnelle des résidents du quartier Hodge-Place Benoît, où des démarches de revitalisation urbaine intégrée (RUI) sont engagées depuis une dizaine d’années.

Grâce au programme Quartiers 21, une initiative de la Direction de la santé publique, plusieurs projets d’agriculture urbaine ont d’abord été créés dans ce quartier, enclavé entre les voies ferrées et les autoroutes, considéré comme un désert alimentaire.

Les Serres du Dos Blanc créeraient cinq emplois la première année, voire un de plus si un marché public voit le jour.

Pour les débuts, la coopérative envisage de vendre aux grossistes et chez les détaillants, comme IGA Famille Duchemin, qui serait prêt à distribuer leurs produits. L’objectif à terme est la vente directe ou dans des circuits courts.

La production des serres devrait débuter en 2018, une fois les travaux d’aménagements achevés, cet automne ou au printemps.

Dos blanc?

Saint-Laurent a connu une longue histoire agricole. À l’emplacement même des futures serres se trouvaient des cultures. On surnommait jadis les Laurentiens Dos-Blancs, car, du haut du mont Royal, on ne voyait que le dos des cultivateurs, recouvert d’une chemise blanche ou d’une peau de mouton, penchés sur leurs champs.

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