Les passionnés de jardinage de Saint-Laurent peuvent désormais se retrouver dans neuf potagers installés dans des cours d’école et ouverts à tous pendant l’été. Ce nombre pourrait passer à 16 dès l’an prochain afin de faire croître l’éducation et la sensibilisation sur l’agriculture urbaine.

Le phénomène connaît une importante croissance depuis un an alors que le nombre de jardins, qui sont entretenus par des bénévoles, est passé de cinq l’année dernière à 10 cette année et augmentera encore dans la même proportion l’année prochaine. Ils sont animés par l’équipe d’aide-jardiniers de VertCité, qui a également créé en juin la page Facebook Agriculture urbaine St-Laurent.

Dans les jardins les plus récents, les parents d’élèves ont organisé une rotation des tâches pendant l’été. Dans les plus anciens, comme celui de l’école Parkdale, ce sont des voisins qui aident à l’entretien.

Certains bénévoles ont suivi une formation au sein de l’organisme afin de développer des compétences en agriculture urbaine.

«J’ai découvert pas mal de choses ici : les variétés, le compagnonnage, ce que l’on peut planter en milieu scolaire et comment impliquer les élèves», souligne Nathalie Pethiot, qui enseigne le français langue seconde à l’école Parkdale.

«Je découvre plusieurs variétés. Il y en a plusieurs qu'on ne trouve pas au magasin ou qui sont très dispendieuses», note Nathalie Pethiot. (Johanna Pellus/TC Media)

«Je découvre plusieurs variétés. Il y en a plusieurs qu’on ne trouve pas au magasin ou qui sont très dispendieuses», note Nathalie Pethiot. (Johanna Pellus/TC Media)

Éducation
«L’année passée était plutôt axée sur la productivité et les récoltes allaient aux banques alimentaires. Cette année, on veut prioriser l’éducation, donc on fait beaucoup d’activités avec les enfants et encourage l’implication citoyenne», précise la gérante de l’agriculture urbaine à VertCité, Marie Xuyen Larochelle.

Plus de 200 kg ont été récoltés l’année dernière, un chiffre sous-estimé par l’organisme, car il est difficile de prendre en compte tout ce que les parents récoltent.

Le plus grand des jardins, celui de l’école Parkdale, accueille 135 bacs, en plus d’un potager en pleine terre. Dans la classe en plein air, les «trois sœurs», les plantes traditionnelles des Amérindiens, c’est-à-dire le maïs, la courge et le haricot, poussent sur une structure s’apparentant à un gazebo.

«Connaissant la diversité culturelle de Saint-Laurent, j’ai voulu choisir des variétés productives, mais aussi très communes. Les tomates et les courges sont utilisées dans toutes les cultures», souligne Mme Larochelle.

À l’école au Trésor-du-Boisé, ils ont divisé leurs bacs par section, de celle comprenant tous les ingrédients pour une pizza aux «trois sœurs», en passant par l’expérimentale.

Défis
Assurer la pérennité des jardins est le principal défi de l’équipe. Si Mme Larochelle a un contrat de deux ans pour développer ce projet, les sept aide-jardiniers sont des étudiants qui bénéficient de l’initiative Emplois d’été Canada pour deux à trois mois.

«L’appropriation du jardin par les citoyens est plus délicate. L’engagement social peut être difficile à garantir», note la gérante de l’agriculture urbaine.

Elle aimerait que les écoles obtiennent des subventions, afin d’engager un employé qui assurerait la communication entre les bénévoles.

Deux aide-jardinières, Maude St-Amand-Courcy et Ali Byers, qui s’occupent principalement du jardin Parkdale, sont derrière la page Facebook Agriculture urbaine St-Laurent.

«Le but est que les jardins appartiennent à la communauté et nous sommes juste là pour voir si c’est bien fait et bien arrosé», résume Ali.

Les citoyens sont aussi invités à partager leurs projets personnels sur la page Facebook, s’ils souhaitent mettre en place des ruelles vertes par exemple.

«Il y a beaucoup d’enfants qui ne mangent pas les portions minimales de fruits et légumes par jour. Le jardin peut jouer un rôle, car ils apprennent les nouvelles variétés et à manger des produits frais, non transformés.» — Nathalie Pethiot, enseignante à l’école Parkdale et bénévole au jardin

Jardins ouverts à la communauté

  • École Parkdale (1475, rue Deguire)
  • École Katimavik-Hébert (1700, rue Decelles)
  • École secondaire Saint-Laurent, pavillon Émile-Legault (2395, boulevard Thimens)
  • CPE Le Jardin des rêves (1745, rue Décarie)
  • École Enfant-Soleil (1615, rue Tassé)
  • École Jonathan (705, boulevard Décarie)
  • École secondaire Saint-Laurent, pavillon Saint-Germain (1870, rue Decelles)
  • Maison de l’enfance (1075, avenue Sainte-Croix)
  • École au Trésor-du-Boisé (3925, rue Claude-Henri Grignon)

Pour en savoir plus : facebook.com/agricultureurbainestlaurent ou au.vertcite@gmail.com.

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