Laurent Lavoie / Progrès de Saint-Léonard Benoit Arteau traite le matériel recueilli à l'aide d'équipement spécialisé.

Le projet d’économie circulaire, Synergie Montréal, a été implanté au sein de près de 40 entreprises au cours des dernières années, réintégrant de grandes quantités de déchets industriels dans la chaîne de production.

Cela fait depuis 2014 que PME MTL Est-de-l’Île porte le projet Synergie Montréal, qui regroupe aujourd’hui 37 entreprises. Il vise principalement à accorder une deuxième vie aux déchets industriels, surtout le bois et le plastique. Concrètement, Synergie Montréal évalue lesquels peuvent redevenir des « intrants », soient des matériaux qui intègrent la chaîne de production.

Le projet a notamment été cité en exemple lors du Congrès ICLEI 2018 (Les Gouvernements Locaux pour le Développement Durable), regroupant 500 villes, villages et régions.

Lors de deux ateliers réunissant 28 PME, pas moins de 68 nouvelles relations d’affaires ont été créées. Selon Synergie Montréal, ces liens permettraient de sauver de l’enfouissement environ 15 000 tonnes métriques de déchets annuellement, l’équivalent de 500 camions à ordures.

En plus des coûts rattachés à la gestion conventionnelle de matières résiduelles, une volonté d’être plus responsable sur le plan environnemental serait palpable chez de jeunes organisations. Certaines sautent dans le projet « parce qu’ils trouvent que c’est un non-sens que des matières qui ont encore un usage puissent se retrouver à l’enfouissement », plaide Annie Bourgoin, directrice générale de PME MTL Est-de-l’Île.

Pour Mme Bourgoin, l’initiative repose aussi sur le besoin de garder les entreprises locales qui sont courtisées pour s’installer ailleurs. Synergie Montréal irait jusqu’à « réinventer le modèle d’affaires ». « C’est un changement de paradigme, de façon de faire dans notre économie, mais ça fait du sens », ajoute-t-elle.

Cette réutilisation des matières résiduelles peut aussi jouer en faveur des consommateurs. À terme, les entreprises épargnent suffisamment d’argent sur la gestion des déchets qu’ils n’augmentent pas leurs prix de vente.

Par ailleurs, les nouvelles relations d’affaires vont au-delà de la revalorisation de matériel. Elles permettent des prêts d’expertises entre certaines organisations qui sont à la recherche de main d’œuvre et la location d’espaces industrielles.

Un rouage important

La compagnie Papiers et Emballages Arteau, ambassadeur du projet Synergie Montréal depuis plus de 2 ans, agit à titre d’intermédiaire dans l’économie circulaire. «  Ils n’ont pas à mettre de matériel aux ordures. Ils ne remettent pas ça aux recycleurs qui vont leur charger un montant d’argent. Moi, je ramasse », indique Benoit Arteau, directeur général de Papiers et Emballages Arteau. Après avoir traité le carton, le papier ou le bois recueilli, il remet le matériel à une entreprise qui pourra en bénéficier.

La réutilisation de déchets industriels n’aurait pas d’impacts nets sur la qualité des produits. « On est capable de voir qu’à moindres coûts, des fois, on est capable d’arriver au même standard [de qualité] et de changer certains modules de productions », assure Mme Bourgoin.

Arteau souligne pour sa part qu’une certaine adaptation est nécessaire pour ceux qui s’investissent dans le projet. «  Ce n’est pas quelque chose de gratuit, dans le sens qu’il faut émettre un peu de temps et d’argent pour être capable de recycler les produits. Il faut qu’il y ait une conscience de leur côté. »

PME MTL Est-de-l’Île espère que Synergie Montréal puisse s’étendre vers l’ouest de la ville au cours des prochaines années.

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