Archives TC Media En 10 ans, plus d'une cinquantaine d'occupants de véhicule et près d'une vingtaine de piétons ont été blessés à l'angle du boulevard Viau et de la rue Jean-Talon.

En 10 ans, près de 2900 personnes ont été impliquées dans un accident à Saint-Léonard et ceci ne pourrait être que la pointe de l’iceberg.

De 2006 à 2015, 2216 occupants de véhicules, 134 cyclistes et 516 piétons ont été blessés dans un accident, à Saint-Léonard. Toutefois, cette statistique pourrait être bien plus importante, car elle n’inclut que les blessés pour lesquels il y a eu un rapport d’accident policier.

«Il y a de moins en moins d’accidents déclarés et on ignore pourquoi. On estime qu’il y a environ 25% accidents de plus que ce que l’on comptabilise avec les rapports de police», indique Patrick Morency, médecin spécialiste en santé communautaire à la Direction de santé publique du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal.

La majorité des accidents se concentrent sur les grandes artères, notamment les rues Jean-Talon et Jarry ainsi que les boulevards Lacordaire, Langelier et Viau.

«C’est un fléau. Ces accidents sont évitables» -Patrick Morency

Solutions
Pour le médecin, il est important d’agir rapidement et de tenter de diminuer le nombre d’accidents et de blessés sur les routes montréalaises.

Selon ce dernier, il existe de nombreuses solutions qui permettraient de faire descendre le nombre d’accidents à Saint-Léonard, telles que la diminution de la vitesse dans les rues ou l’implantation d’une stratégie d’apaisement de la circulation, comme des dos d’âne allongés, des saillies de trottoirs ou des terre-pleins centraux.

«Il y a une panoplie de mesures efficaces, peu dispendieuses et intéressantes qui permettraient de diminuer le volume de voitures sur nos routes. Ça ne va pas se résoudre par magie. Il faut des aménagements», lance Patrick Morency.

Parmi les solutions qu’il privilégie, le médecin soulève la création de rues complètes, soit une rue où la place de l’automobile est diminuée afin de favoriser d’autres modes de transports, comme le vélo ou le transport collectif.

«C’est prouvé que le risque de décès est 20 fois plus faible lorsqu’on se déplace en autobus au lieu de la voiture. Le risque de blessures, quant à lui, est de cinq à dix fois plus faible. C’est déplorable qu’on n’intègre pas ce concept ou le transport actif dans les projets de réfection routière», souligne M. Morency.

L’arrondissement de Saint-Léonard se penche actuellement sur la sécurité des déplacements des Léonardois et a commencé les actions dans ce dossier, notamment en adoptant son plan local de déplacements en 2016. Après un an, l’administration locale se dit fière du travail accompli, mais avoue qu’il reste encore beaucoup de travail à faire.
Elle travaille d’ailleurs sur la rédaction d’un plan d’action portant sur la sécurité des déplacements avec Concertation Saint-Léonard et procédera, notamment, à l’identification des raccourcis piétons afin de les rendre plus accessibles, en 2017-2018.

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