TC Media - Catherine Paquette L'entrée de la Caverne Saint-Léonard, au cœur du parc Pie-XII. Pour visiter, voir le site Internet de la Société québécoise de spéléologie.

Il y a deux siècles, un article de journal dévoilait au grand jour l’existence d’une caverne à Saint-Léonard, devenue un site touristique emblématique de l’arrondissement.

La description du lieu dans le Spectateur Canadien, signée par «un curieux», va comme suit: «cette caverne, découverte à ce qu’il paraît depuis trois à quatre ans, mais dans laquelle personne n’est entré que vers le 1er de ce mois, est sur la terre d’un nommé Martineau.»

L’auteur décrit l’ouverture de la caverne, d’une hauteur de quatre pieds, et raconte son aventure dans ses trois galeries, à plus de 30 pieds de profondeur, «au plafond plat comme celui d’une seule pièce».

En 2015, la visite de la Caverne Saint-Léonard permet de remarquer les mêmes caractéristiques. Le roc n’a pas bougé.

Retour à l’ère glaciale
Il y a 12 000 ans, Saint-Léonard est recouvert de glaciers. Au parc Pie XII, une ouverture se forme dans le sol qui cède sous le poids de l’eau gelée.

Des milliers d’années plus tard, des humains découvrent le lieu. Les premiers hommes à découvrir cette caverne, cachée dans un boisé, s’y aventurent entre 1810 et 1815.

Dans les années 1970, des recherches mènent des spéléologues à écrire un mémoire. Recouverte par du béton, son entrée est réouverte en 1979. En l’espace d’une nuit, au beau milieu d’un parc urbain, des malfaiteurs en repeignent toutes les parois, raconte Hélène Dion, de la Société québécoise de spéléologie.

La caverne est par la suite déclarée site patrimonial en 1980, et ouverte aux visiteurs.

Aujourd’hui, la caverne accueille plus de 2000 visiteurs chaque été. Elle est généralement ouverte aux familles, groupe-écoles et camps de jour 13 semaines par année.

Alors qu’il fait près de 30°C à l’extérieur, le guide Simon Jean Leblanc conseille aux visiteurs d’enfiler un manteau. Équipés de bottes d’eau, gants et casque à lumière, autant d’enfants que d’adultes descendent vers les profondeurs de Saint-Léonard.

Visite éducative
Simon et son assistante, Sophie Séguin, des étudiants passionnés de géologie, racontent les spécificités de la caverne.

«Ce qui fait sa beauté c’est qu’elle est bel et bien faite de calcaire, mais n’a pas été formée par la dissolution du calcaire dans l’eau, comme le sont les grottes», indique Simon. La caverne Saint-Léonard est de type glacio-tectonique, c’est-à-dire que le poids des glaciers a exercé une pression suffisante pour que dans le sol, fait de roches sédimentaires, se crée une ouverture.

On ne peut donc pas dire de la caverne qu’il s’agit d’une grotte. «Toutes les cavernes ne sont pas des grottes, mais toutes les grottes sont des cavernes», ajoute-t-il.

Dans les profondeurs, trois différentes galeries sont accessibles. Là où il y a moins de boue, on peut y apercevoir des fossiles de coraux formés dans la roche il y a près de 450 millions d’années. Lors de la visite, les jeunes comme les vieux sont invités à descendre dans une cavité de près de cinq mètres.

D’ailleurs, toute l’île de Montréal est faite de roches sédimentaires. Il se peut donc que d’autres cavernes s’y soient trouvées, mais aient été ensevelies lors de l’urbanisation.

«On sait qu’il y avait une caverne en dessous du stade olympique, raconte Simon. Mais, lorsqu’ils ont construit, le béton est venu la recouvrir.»

Au Québec, les chercheurs en spéléologie ont découvert plus de 300 cavernes et grottes.

La Caverne Saint-Léonard, accessibles aux enfants à partir de 6 ans, recevra des visiteurs jusqu’au 15 août.

 

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