Depuis quelques semaines, des ouvriers font exploser de la dynamite sous la rue Jarry, près de la rue Fleuricourt, dans le cadre de la construction d’une conduite d’eau de 4,1 km de long par tunnelier, une technique rarement utilisée à Montréal depuis les années 1980. Incursion sur un chantier atypique.

Derrière des clôtures de sécurité antibruit se cache un trou de 15 m de long par 7 m de large sur 11 m de profondeur. Au fond, d’un côté, une pelle mécanique retire de gros morceaux de roches qui ont été brisées à l’aide d’explosifs. De l’autre, quelques ouvriers percent des trous dans le roc avec une perceuse afin d’y insérer une dizaine de bâtons de dynamite. Le bruit est assourdissant.

«Les murs isolants et antibruit sont faits sur mesure pour notre chantier. Un expert du bruit nous a aidés à les confectionner pour minimiser les impacts sur les citoyens», explique Jean-François Dubuc, chef de section à la Direction de l’eau potable de la Ville de Montréal.

Lorsque tout est en place pour l’opération de dynamitage, les ouvriers érigent un périmètre de sécurité. Ils bloquent la circulation, autant automobile que piétonnière.

«Nous ne faisons pas de dynamitage pendant les heures de pointe. C’est habituellement entre 9h30 et 15h30 pour ne pas nuire au secteur», rassure M. Dubuc.

Le périmètre sécurisé, une sirène sonne à 12 reprises annonçant la détonation. Lors de l’explosion, la roche qui se brise et déboule dans le trou enterre tout bruit ambiant. Chaque opération de dynamitage casse un bloc de roc d’environ un mètre par sept mètres.

Le dynamitage terminé, un coup de sirène se fait entendre et les ouvriers rouvrent la rue. L’opération n’aura duré que quelques minutes.

«Pour l’instant, tout va bien. Les vibrations causées par le dynamitage sont loin de la limite établie, soit de 20 mm par seconde. Jusqu’à présent, nous n’avons pas dépassé les 7 mm par seconde. Ce n’est presque pas perceptible pour l’humain», indique M. Dubuc.

Ces séances de dynamitage ne surviennent qu’une à deux fois par jour. Les ouvriers poursuivront le processus jusqu’à ce que le trou atteigne 15 mètres de profondeur, d’ici la fin de février près du boulevard Lacordaire. Par la suite, le dynamitage se poursuivra dans les autres puits du chantier au cours de l’année, notamment près de la rue Viau.

Le tunnelier
En mars, le tunnelier fera son arrivée sur la rue Jarry où il commencera à creuser la voie pour la conduite d’eau.

Le chantier étant situé dans un secteur résidentiel et commercial, la Ville de Montréal a opté pour une technique peu bruyante, qui demande une plus petite emprise de chantier et qui a une vitesse de production satisfaisante.

«En optant pour la méthode en tranchée, nous avons besoin d’une machinerie imposante. Ça occasionne beaucoup de bruit et la production n’est pas rapide. De plus, l’emprise du chantier est énorme, ce qui ne nous aurait pas permis de garder deux voies ouvertes sur la rue Jarry. Nous aurions charcuté la rue», souligne Hafed Larabi, ingénieur-chef d’équipe à la Direction de l’eau potable à la Ville de Montréal. Peu importe les conditions météorologiques, le tunnelier creusera 12 heures par jour.

Le chantier, évalué à plus de 74 M$, se poursuivra jusqu’en 2018, mais M. Dubuc laisse entendre que les travaux près de la rue Fleuricourt, à Saint-Léonard, pourraient se terminer fin 2017.

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