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Des milliers de chiens errants risquent d’être laissés pour compte à partir du 1er avril. La SPCA a annoncé qu’elle ira de l’avant avec sa menace de mettre fin au volet canin de ses ententes avec les arrondissements montréalais en réaction à l’interdiction des pitbulls sur le territoire de la Ville de Montréal.

En septembre dernier, la SPCA avait menacé de mettre fin à son volet canin par contrat si la Ville de Montréal adoptait son règlement sur le contrôle des animaux. Après avoir perdu en Cour d’appel du Québec, la SPCA a mis sa menace à exécution.

«On ne dit pas que le règlement n’est pas bon, mais il y a cinq ou six clauses qui ne sont pas défendables et ce sont celles qui touchent les pitbulls», indique le directeur général de la SPCA, Benoit Tremblay.

Selon l’organisme, ce nouveau règlement le forcerait à euthanasier en série des chiens ayant l’air d’un pitbull.

«Les clauses définissant les chiens de race pitbull sont vagues. Nous avons environ 2500 chiens par année et si on se fie à ces clauses, le tiers aurait les caractéristiques morphologiques de cette race et nous devrions les euthanasier, même s’ils sont en bonne santé et ont un bon comportement», déplore M. Tremblay.

Il ne faudrait qu’une dizaine de jours à la SPCA pour faire adopter les chiens errants ou abandonnés, en bonne santé, dans ces installations. Avec le nouveau règlement, elle ne pourrait pas faire adopter les pitbulls.

«On parle de centaines de chiens en bonne santé et avec de bons comportements qui resteront dans des refuges alors qu’habituellement, ils auraient été adoptés», fait valoir M. Tremblay.

Même si la SPCA met fin à ce volet avec les arrondissements, elle continuera d’offrir ce service aux citoyens.

«Les résidents pourront venir nous porter les chiens errants ou abandonnés dans nos bureaux. Nous continuerons également à faire la saisie des chiens en détresse ou vivant de la négligence. C’est seulement ce volet à contrat avec les arrondissements qui est touché», précise-t-il.

1er avril

La SPCA a avisé les arrondissements que le volet canin de leur contrat serait offert jusqu’au 31 mars 2017.

«Ce n’est pas une surprise pour eux. Nous les avions avisés en septembre et nous les avons avisés dernièrement. Nous allons leur proposer un nouveau contrat et ils décideront s’ils signent avec nous», mentionne Benoit Tremblay.

Cette décision pourrait se résulter en une forte baisse des revenus de l’organisation qui perdrait ainsi d’importants partenaires.

«Nous n’avons pas pris cette décision de gaieté de cœur, mais nous contestons ces clauses. Euthanasier tous ces animaux va à l’encontre de nos valeurs et de notre mission. Pour nous, nos valeurs et notre mission étaient plus importantes que l’aspect financier», indique le directeur général.

Du côté des arrondissements et de la ville-centre, on mentionne être en train de regarder les possibilités qui s’offrent à ceux touchés par ce «désistement injustifié».

«La solution qui sera retenue visera à assurer la continuité des services animaliers dans ces arrondissements. Ceci dit, rappelons que la Ville de Montréal s’est engagée à ce qu’aucune ordonnance d’euthanasie pour quelque chien que ce soit, y compris tout chien de type pitbull, ne pourra être rendue sans un constat particularisé par l’autorité compétente à l’effet que ce chien est un chien dangereux, à risque, errant, mourant, gravement blessé ou hautement contagieux», indique la Ville de Montréal par voie de communiqué.

Pour l’opposition officielle, c’est la «toute dernière conséquence de l’approche complètement improvisée et arbitraire du maire Coderre en matière de gestion animalière».
«L’empressement du maire dans ce dossier a non seulement imposé un stress inutile aux propriétaires de chiens, mais il a également mené la Ville de Montréal en cour, aux frais des Montréalais. Et en mars prochain, neuf arrondissements ne pourront plus compter sur la SPCA pour la gestion des chiens perdus ou abandonnés. Il est inacceptable que le maire ait refusé de consulter un de ses principaux partenaires, la SPCA, ainsi que les autres experts, avant de lancer la révision de son règlement sur la gestion animalière», déclare Projet Montréal.

Au cours des prochains mois, les arrondissements auront le choix de continuer leur contrat avec la SPCA et d’engager un autre groupe pour offrir les services canins ou de l’abandonner complètement.

Arrondissements concernés

  • Ahuntsic–Cartierville
  • Anjou
  • Rosemont–La Petite-Patrie
  • Le Plateau-Mont-Royal
  • Montréal-Nord
  • Lachine
  • Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce
  • Sud-Ouest
  • Verdun
  • Ville Saint-Laurent

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