(Photo: Gracieuseté – Facebook Bernardo De Alvarenga) Plusieurs enfants empruntent ce trottoir pour entrer dans l'Hôpital de Montréal pour enfants, dont un des bâtiments donne sur l'avenue Atwater.

Le nouveau lien cyclable, marqué depuis une semaine sur le trottoir de l’avenue Atwater, suscite l’incompréhension et l’indignation chez plusieurs résidents du coin ainsi que chez les élus de l’arrondissement.

Les cyclistes et les piétons devront se partager l’espace sur un tronçon de 350 m, entre le boulevard René-Lévesque et la rue Saint-Antoine, là où l’inclinaison de la rue est à son plus haut niveau.

«Les cyclistes roulent en pente descendante, ce qui augmente de beaucoup la vitesse. S’ils partagent la route avec les piétons, ça va causer de graves collisions ou les obliger à bifurquer rapidement dans la rue, ce qui est tout aussi dangereux», souligne Craig Sauvé, conseiller de ville du Sud-Ouest.

Il était subjugué par la décision de la ville-centre, qui a choisi cet emplacement dans le cadre de sa nouvelle stratégie de sécurité routière appelée «Vision Zéro», qui vise avant tout à ce que tous les usagers de la route collaborent afin de minimiser les accidents.

M. Sauvé croit que cette avenue de trois voies serait suffisamment large pour y ajouter une piste cyclable.

«Pour moi, c’est plutôt zéro vision.» – Craig Sauvé


Commentaires

Sur la page Facebook Vélo d’hiver – Montréal, plusieurs se plaignaient que l’étroitesse du trottoir ne permettait pas aux cyclistes et aux piétons de se le partager. «Est-ce qu’on a des points bonus si on arrive en bas de la côte sans avoir renversé un piéton?» blague l’un d’eux.

«Les ingénieurs de la ville-centre ont le mandat de sécuriser les viaducs suite au décès d’une cycliste dans celui sur Saint-Denis. Donc, au lieu d’enlever une voie pour les voitures ou même juste rétrécir les voies pour mettre une piste cyclable protégée, ils mettent les piétons en danger», s’indigne un autre.

D’autres sont toutefois d’accord avec le choix des ingénieurs de la Ville. «Je trouve ça plus sécuritaire comme ça», écrit un cycliste qui compare cette pratique à ce qu’on voit en Allemagne.

Un autre souligne le fait que c’est mieux qu’utiliser la rue, comme ce trottoir est peu occupé par les piétons.

«Vision Zéro»
La Ville de Montréal soutient que l’emplacement choisi est le plus sécuritaire et le plus à propos considérant la configuration des lieux.

«Il faut comprendre que les passages inférieurs constituent un obstacle physique et que la géométrie de ces structures ne laisse souvent pas beaucoup d’espace pour y aménager un lien cyclable», justifie Marilyne Laroche Corbeil, relationniste à la Ville de Montréal.

Elle ajoute également que dans les viaducs les plus étroits, où il est impossible de retirer une voie de circulation, comme c’est le cas du tunnel Atwater sous l’A-720, les cyclistes sont autorisés à circuler sur les trottoirs tout en respectant la priorité aux piétons.

«C’est à eux de juger s’il est préférable de descendre de leur vélo ou non dans la pente descendante lorsque le passage est déjà occupé par des piétons», soutient-elle.

Les élus de l’arrondissement comptent s’asseoir avec les membres de l’administration Coderre dans les prochains jours afin de discuter de la configuration des lieux.

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