(Photo: Gracieuseté - Playground) Réalisant l'erreur de son employé, l'arrondissement du Sud-Ouest a retiré le permis d'occupation du bar Playground le 6 octobre dernier. Depuis, le bar pratique sans permis, mais en toute légalité, puisque la loi permet une période de grâce pour se relocaliser.

Si le Playground attire de nombreux jeunes dans Griffintown avec ses tables de ping-pong, de billard et ses filets de basket-ball, sa clientèle jugée bruyante par ses voisins immédiats pose problème. Seulement six mois après l’ouverture, le bar pourrait être contraint de fermer ses portes puisque le permis octroyé au printemps par l’arrondissement du Sud-Ouest n’aurait jamais dû être émis en raison du règlement d’urbanisme.

Celui-ci interdit en fait l’usage «débit de boissons alcooliques» dans l’immeuble du 1384,rue Notre-Dame Ouest, au coin de la rue de l’Aqueduc.
«Nous reconnaissons qu’il y a eu une erreur. Une procédure du règlement n’a pas été respectée. C’est une situation malheureuse pour tout le monde», mentionne le conseiller de ville du Sud-Ouest, Craig Sauvé.

La personne responsable du dossier aurait dû inscrire la demande de certificat d’usage à l’ordre du jour du conseil d’arrondissement afin qu’elle soit discutée publiquement avant de rendre une décision.

Depuis juin, les voisins du bar paient les frais de cette bourde administrative. L’arrondissement a retiré le permis en octobre à la suite de plusieurs plaintes de citoyens.

«Nous vivons des désagréments assez importants, notamment des entrées par effraction sur notre terrasse même si on habite au 3e étage. On se réveille la nuit et on est obligé d’aller voir dehors, la peur au ventre, et on tombe souvent face à face avec des individus fortement alcoolisés et parfois même violents», indique Anne-Laure Bosson, habitant un immeuble adjacent à l’établissement.

Pour sa part, Ken Hamilton, qui habite le rez-de-chaussée de l’immeuble face au Playground, se plaint que des jeunes urinent sur la porte de garage de l’immeuble et fument et crient tout près de sa fenêtre jusqu’au petit matin. «Ce ne sont pas tous les jeunes qui agissent ainsi, mais ça n’en prend que quelques-uns pour rendre la situation insoutenable», souligne-t-il.

Ancien propriétaire du resto-bar Griffintown Café, maintenant remplacé par le Pizzeria No.900, Paul Blanchard, qui réside à proximité, déplore que le propriétaire de l’établissement ne respecte pas le voisinage, s’essuyant les mains des problèmes causés par sa clientèle.

«Nous [Griffintown Café] nous sommes toujours bien intégrés dans le quartier, nous n’avons jamais eu la visite de la police et lorsqu’un voisin se plaignait, nous nous excusions et lui offrions un repas gratuit», dit-il, accusant le propriétaire, Alexander Karpov, d’adopter une attitude totalement contraire, qui irait jusqu’à envoyer paître ceux qui osent se plaindre.

Depuis l’arrivée de M. Blanchard dans le secteur, il y a 15 ans, jamais un bar n’a été exploité dans cet immeuble. «C’était une firme de design au départ, puis il y a eu une garderie et finalement un accélérateur d’entreprises», se souvient-il.

Une erreur coûteuse
Si la majorité des résidents s’entendent pour dire qu’ils ne veulent pas nuire au propriétaire, ils ne voient pas d’autres solutions que de voir le bar quitter le quartier.

«On ne souhaite pas que le propriétaire perde son commerce, mais en même temps, nous n’allons pas tolérer qu’un commerce qui attire ce genre de problèmes reste dans notre secteur alors que le permis a été remis en erreur», résume M. Hamilton.

En entrevue avec CBC News, Alexander Karpov évaluait que la fermeture du bar lui causerait une perte d’un demi-million de dollars. Le propriétaire n’a toutefois pas voulu commenter la situation à TC Media, évoquant qu’il souhaitait maintenant laisser les négociations avec le service juridique de la Ville de Montréal suivre leur cours.

Pour sauver l’avenir de son établissement, il dit travailler fort pour trouver un compromis. Parallèlement, une pétition a été lancée la semaine dernière afin de sauver l’endroit, sur laquelle figurent maintenant près de 500 signatures.

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