(Photo: TC Media - Justine Gravel) Depuis les nouvelles conditions de son bail, le CEDA pourrait payer jusqu'à 160 000$ de loyer à partir de 2023.

Menacés d’expulsion, les six centres d’éducation populaire, dont ceux de Pointe-Saint-Charles, la Petite-Bourgogne et Saint-Henri, ont été contraints de signer leurs baux. Les négociations avec la Commission scolaire de Montréal (CSDM), en cours depuis octobre, ont achoppé notamment sur le fait que dorénavant, les organismes devaient payer un loyer.

«Ça fait 50 ans que nous sommes logés gratuitement», déplore Nicolas Delisle-L’Heureux, du Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles.

Les négociations sont tombées au point mort lorsque les organismes ont reçu une lettre le 6 décembre les sommant de signer le bail ou de se trouver un autre local. C’est donc avec «le couteau à la gorge» qu’ils ont accepté les nouvelles clauses.

«C’est une honte, s’est insurgée Violaine Cousineau, commissaire indépendante du Sud-Ouest lors du conseil des commissaires de mercredi. Ce n’était pas une fleur qui leur était faite ces dernières années d’être logés gratuitement, ils ont vraiment une mission complémentaire à celle de la CSDM».

Selon elle, le problème est loin d’être réglé.

Situation précaire
Le loyer s’élèvera à 3,23$ par pied carré, ce qui signifie que le Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles devra débourser environ 37 000$ par année à compter de 2023. Étant un plus grand centre, le loyer du Comité d’éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et de Saint-Henri (CEDA) se chiffrera autour de 160 000$ par an.

Ces cinq années de sursis ne représentent qu’une apparence de gratuité aux yeux de M. Delisle-L’Heureux. À partir de juin 2019, les centres pourraient devoir assumer leurs frais d’opération, comme l’électricité, le chauffage et l’entretien, payés pour le moment par le ministère de l’Éducation.

«En réalité, nous devrons débourser au minimum 40 000$ à 45 000$ par année seulement pour poursuivre nos activités dans le bâtiment», souligne-t-il.

Une situation qui touche directement la pérennité des organismes, surtout depuis la coupe des subventions de la CSDM en 2012. «Toute notre énergie est dépensée à survivre, dit M. Delisle-L’Heureux. Pendant ce temps-là, on ne développe pas notre mission».

Les organismes seront aussi sujets à expulsion après six ans d’occupation pour que la CSDM récupère les locaux selon ses besoins.

La CSDM se défend
La présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, admet que l’avenue de la menace n’était pas la meilleure façon de procéder, mais que c’était nécessaire de conclure le bail rapidement avant le 31 janvier. Elle soutient toutefois que les conditions des baux, qui s’échelonnent sur 15 ans, sont plus qu’acceptables.

«Nous ne pouvons pas payer en plus leurs frais d’opération avec l’argent des élèves alors que tous nos autres locataires paient un loyer», se défend-elle.

D’ici là, les organismes continueront à faire pression auprès du gouvernement pour qu’il continue à assumer ses frais, mais rien n’est garanti. Ils le sauront seulement lors de la présentation du budget provincial de mars 2019.

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