Josie Desmarais Imane, Samuel, Samara et Shane.

À l’initiative du centre communautaire Maison Saint-Columba, Samara Allison (16 ans), Shane Keith (17 ans), Samuel Thériault (18 ans) et Imane Tidli (19 ans) s’apprêtent à inaugurer, en mai, Press Start, une coopérative autogérée qui se veut un lien de rendez-vous, de divertissement et de débats pour les jeunes de Pointe-Saint-Charles.

Métro a rencontré ce groupe très soucieux de faire une différence au sein de la communauté.

Comment est née l’idée 
de Press Start?
Imane : C’est un projet qui a débuté à la Maison Saint-
Columba il y a deux ans. L’idée, c’était de connaître l’opinion des jeunes sur leur quartier, Pointe-Saint-Charles. Avec trois autres jeunes femmes [NDLR : qui ne font plus partie du projet depuis], j’ai mené plusieurs consultations et sondages en ligne en l’espace d’un an. On a ainsi eu la chance de parler à plus de 200 jeunes âgés de 12 à 18 ans. Une des problématiques qui est particulièrement ressortie, c’est qu’il n’y avait pas assez de travail dans la communauté et que plusieurs personnes devaient aller dans d’autres quartiers pour en trouver. L’autre aspect qui a été le plus soulevé est le fait que les jeunes n’avaient ni parole ni place pour eux dans Pointe-Saint-Charles. C’est donc pour cela qu’on est arrivés avec l’idée de créer une coop qui répondrait à ces problématiques.

Quelles sont les activités qu’offrira votre coopérative?
Samara : On y animera des fêtes communautaires. Il y aura également un comptoir où des collations seront vendues, ainsi que des passes pour la journée, la semaine, la fin de semaine pour avoir accès aux jeux vidéo dont l’espace va disposer. On aura aussi un projet de supra-recyclage, qui sera une des sources de financement.
Imane : On va aussi organiser des événements pour parler de discrimination, et tout ce qui y touche, car ce sont des discussions importantes à aborder dans la communauté aux yeux des jeunes. En ce qui concerne l’aménagement, il y aura des sofas, deux télés, des cabinets de jeux d’arcade – que nous construirons nous-mêmes – des tables de jeux (air hockey, babyfoot), des endroits plus calmes pour des jeux de société ou des jeux de cartes. On aura aussi un endroit juste pour relaxer.

Comment avez-vous financé ce projet?
Samuel : Avant mon arrivée dans le groupe, ils avaient organisé un bingo. Après ça, on a souvent fait du porte-à-porte ou distribué des brochures un peu partout dans Pointe-Saint-Charles. On a également fait un BBQ et un lavothon pour amasser des fonds. L’autre événement qui nous a permis de recueillir le plus d’argent a été une collecte de fonds avec le Bâtiment 7 [NDLR : qui abrite le local de la coopérative], avec du monde qui faisait des prestations musicales ou de la poésie, par exemple.

«Le groupe a présenté son projet et lancé la campagne de sociofinancement [dans le cadre d’un événement communautaire à Bâtiment 7, qui abrite le local de la coopérative]. On a ramassé 1 000$. [Le reste du financement provient surtout] des dons qu’on a reçus grâce aux réseaux sociaux.» – Akki Mackay, coordonnateur à la Maison Saint-Columba, qui accompagne le groupe dans son projet

À ce jour, qu’est-ce que cela vous a apporté de participer à ce projet?
Shane : Mon français était terrible quand j’ai commencé ici, mais il s’est vraiment amélioré depuis. J’ai également appris à faire plus de choses, à mieux m’adresser aux gens, ce qui me servira plus tard. J’aimerais être cardiologue ou avocat. Pour devenir avocat, il faut être à l’aise pour s’exprimer. Même chose pour être médecin; il faut que je fasse preuve d’empathie envers mes patients.
Samuel : Cela me permet d’aider la communauté. Quand j’étais enfant, je pense qu’il n’y avait pas beaucoup de projets comparables. S’il y en avait eu, j’aurais pu me faire plus d’amis dans Saint-Henri, parce qu’avant, j’habitais Joliette et quand je suis arrivé ici, je ne connaissais vraiment aucune ressource. Ce n’est qu’à 16 ans que j’ai su qu’il y avait des maisons pour les jeunes. En travaillant pour Press Start, j’offre des ressources à des personnes qui arrivent à Montréal et qui n’avaient pas ça dans leurs villes d’origine.
Samara : J’ai appris à faire du business, ce qui va m’être utile, puisque mon rêve est d’ouvrir un jour mon propre salon de beauté. J’apprends le fonctionnement des finances, mais aussi à parler et à briser la glace avec des personnes que je ne connais pas. Dès mon jeune âge, je peux donc commencer à pratiquer tout le côté marketing dont j’aurai besoin plus tard.
Imane : Cela m’a permis de mieux maîtriser l’anglais, mais aussi de me sortir de ma zone de confort. En plus d’apprendre à gérer une coop, on sympathise avec la communauté et on sent qu’il y a un lien avec eux. Savoir qu’on a mené le projet de A à Z et qu’on va ouvrir en mai, c’est déjà en soi un sentiment de réussite.

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le Conseil jeunesse de Montréal, des portraits de jeunes inspirants.

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