Hugo Lorini / TC Media

Rencontrés à la Maison Benoit-Labre, dans Griffintown, Richard, Ben et Nic sont bien placés pour parler d’itinérance dans le Sud-Ouest. À eux trois, ils cumulent près de 60 années passées dans la rue.

Ils remarquent une augmentation du nombre de personnes en situation d’itinérance dans le Sud-Ouest.

Pour Richard, 55 ans, il y a une hausse «par rapport à il y a trois ou quatre ans».

«Depuis novembre, il y a des faces nouvelles, constate-t-il. Et plus ça va, plus ils sont jeunes.»

«Entre des Seigneurs et Atwater, le long du canal, il y a des squats. Il y en a qui couchent dans des tentes à Griffintown», souligne-t-il.

Pour Nic, 36 ans, ce n’est pas propre au Sud-Ouest. Il se promène d’un quartier à l’autre de la métropole et à son avis, ça augmente partout. «Dans l’Est, dans le Nord, c’est la même affaire», observe-t-il.

Ben, 55 ans, fait remarquer que le nombre d’itinérants varie d’une saison à l’autre. Il y en a davantage en période estivale. «L’été, il y a toujours du mouvement», note celui qui a passé 12 ans dans la rue.

Dormir sous un pont
Pendant une trentaine d’années, Richard a passé le plus clair de son temps dans la rue. Problème d’alcool.

«J’ai couché pendant des années sous un pont sur le bord du canal Lachine», confie-t-il. «Le premier jour passé dans la rue, tu trouves ça rough. Mais après, ce qui est normal devient anormal et ce qui est anormal devient normal.»

Pour des raisons de santé, il loue depuis décembre dernier une chambre dans un logement de Pointe-Saint-Charles. Dans deux mois, il mettra les voiles en direction de la Colombie-Britannique pour aller travailler à la cueillette des fruits, comme il le fait depuis l’âge de 17 ans.

Été comme hiver
Nic affiche au compteur 15 ans passés dans la rue dans différents quartiers de Montréal. Le Sud-Ouest, il connaît bien.

Pendant plusieurs années, il a planté sa tente au bord du canal, près de la Minoterie Horizon Milling, dans la Petite-Bourgogne. «J’ai dormi là six ans, été comme hiver», lance-t-il.

«C’est dur. Chaque journée, c’est un travail d’être dans la rue», soupire Nic. «Il faut que tu trouves un endroit pour te laver, explique-t-il. Après une nuit passée dehors en hiver, il faut que tu fasses sécher tes couvertures pour ne pas être malade.»

Pour s’offrir un répit, surtout en hiver, il y a les restos et les bibliothèques. «Tu peux passer du temps mais pas toute la journée», dit-il.

«Je suis en recherche d’un logement», avoue Nic, qui partage pour le moment un appartement dans l’est de la ville. «Ça fait quinze ans que je n’ai pas de logement», lance l’homme, qui dit éprouver de «la fatigue, de l’écoeurement». La rue, ça use.

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