Hugo Lorini / TC Media Il n'y a eu aucun dénombrement à grande échelle des personnes itinérantes à Montréal depuis 1997

Alors que le dernier portrait chiffré de l’itinérance à Montréal remonte à près de vingt ans, les organismes et institutions qui interviennent auprès des itinérants dans l’arrondissement s’entendent pour dire que le phénomène est en hausse dans le Sud-Ouest. Pour faire face à cette augmentation, ils s’unissent.

Il n’y a eu aucun dénombrement à grande échelle des personnes itinérantes à Montréal depuis 1997. Dans le cadre de son Plan d’action montréalais en itinérance 2014-2017, la Ville a annoncé qu’elle procédera à un dénombrement cette année.

«Les cinq, dix dernières années, on a vu une augmentation dans le Sud-Ouest», affirme Michel Primeau, directeur de l’organisme Travail de rue/Action communautaire (TRAC).

Subvention
Face à ce constat, l’arrondissement du Sud-Ouest a octroyé 8072$ au TRAC pour le projet «L’itinérance au Sud-Ouest: pour une intervention concertée». L’objectif: tisser des liens encore plus serrés entre les groupes pour intervenir encore mieux auprès des itinérants.

«L’itinérance est plus visible», soutient Michel Primeau, notamment près des stations de métro.

«C’est une problématique que l’on vivait beaucoup moins avant», note le maire de l’arrondissement, Benoit Dorais.

«Oui, il y a une augmentation dans le Sud-Ouest, définitivement», ajoute Karine Projean, agente de liaison et de communication à la Maison Benoit-Labre, un centre de jour pour personnes en situation d’itinérance située dans Griffintown.

La maison accueille environ 200 personnes par semaine pour les différents services. Karine Projean parle d’un «chiffre conservateur». S’il y a des habitués, «on a de plus en plus de gens qu’on ne connaît pas. Des nouveaux visages, des visages plus jeunes et plus vieux», dit-elle.

«On a plus de femmes, signale-t-elle. Historiquement, nous n’avons jamais accueilli beaucoup de femmes.»

Forum
On travaille présentement à dresser un état de la situation dans le cadre du projet développé par le TRAC avec le POPIR-Comité Logement et la table de concertation Solidarité Saint-Henri.

Le projet connaîtra son moment fort à l’automne avec la tenue d’un forum.

«L’objectif premier du forum est de trouver des pistes d’action à court terme», insiste Michel Primeau. «On veut savoir où ça va bien? Qu’est-ce qui manque? Où il y a des trous dans le filet?», explique-t-il.

Migration
On constate la migration vers le sud d’itinérants de la communauté inuite qui avaient l’habitude de se retrouver au square Cabot. Le parc situé à l’angle de Sainte-Catherine et Atwater fait l’objet de travaux de réaménagement. «Ils sont descendus vers le Sud-Ouest. Ça occasionne un autre nombre accru. On veut pouvoir les aider», explique Benoit Dorais. «Il y a des itinérants des Premières nations qui sont descendus», confirme Line Blanchard, chef du poste de quartier 15 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

À la Section métro du SPVM, si on observe la présence d’itinérants près des stations de métro, on n’enregistre pas d’augmentation importante. «On ne note pas la problématique», indique Darren Martin McMahon-Payette, chargé de communications.

La Ville a confié le mandat de dénombrer les personnes en situation d’itinérance au Centre de recherche de l’Hôpital Douglas. Cela devrait se faire en mars. Les résultats sont attendus à l’automne.

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