Archives Métro Gerry Sklavounos, député libéral provincial de Laurier-Dorion

Gerry Sklavounos n’est plus membre du caucus libéral, a annoncé le cabinet du premier ministre en fin d’après-midi jeudi.

Le retrait du député de Laurier-Dorion a été demandé par la présidente du caucus, Nicole Ménard, «compte tenu des informations qui ont été publiées dans les médias le mettant en cause dans une plainte pour agression sexuelle», a fait savoir le premier ministre Philippe Couillard, par voie de communiqué. M. Sklavounos siègera dorénavant comme député indépendant.

Selon ce qu’une source fiable a confié à TC Media, le député de Laurier-Dorion est le présumé agresseur d’Alice Paquet, une étudiante qui a déclaré avoir été agressée par un député libéral lors d’une prise de parole au rassemblement contre la violence sexuelle mercredi soir à l’Université Laval.

La jeune femme dit avoir été agressée à l’été 2014, alors qu’elle travaillait comme hôtesse dans un restaurant de Québec. Elle a porté plainte au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), qui a confirmé jeudi matin qu’une enquête était en cours dans ce dossier.

M. Sklavounos a clamé son innocence dans une entrevue accordée au Journal de Montréal. «Je n’ai jamais, mais jamais, dans ma vie, agressé sexuellement quiconque», a-t-il déclaré au quotidien.

Dans la foulée de ce retrait, le parti Québec solidaire a demandé la démission de Gerry Sklavounos «par respect pour les citoyens et citoyennes». «Étant donné la gravité des allégations qui pèsent contre lui, il n’a plus la hauteur et la sérénité pour les représenter dignement à l’Assemblée nationale», a fait savoir François David par voie de communiqué.

De son côté, le Parti québécois (PQ) dit que «l’enquête doit suivre son cours» avant d’exiger la démission du député. «À l’Assemblée nationale, on se doit d’être exemplaires. Pour une accusation aussi importante qu’une accusation d’agression sexuelle, je pense qu’il fallait qu’il démissionne ou qu’il soit exclu du caucus», a analysé la porte-parole de l’opposition officielle en matière de Condition féminine, Mireille Jean dans une entrevue.

Cette dernière s’est dite «très surprise» de voir qu’un député soit sous enquête dans une histoire d’agression sexuelle. Elle a déploré le fait que, plus tôt en journée, la vice-première ministre, Lise Thériault, ait dit que les propos tenus au caucus devaient rester secrets. «Ça me fait me poser de sérieuses questions, a souligné Mme Jean. Le caucus ce n’est pas un institut pour pouvoir cacher des crimes ou un criminel. Si le caucus était au courant qu’il y avait des allégations visant M. Sklavounos, c’était leur devoir d’aviser la police.» Elle se demande «depuis combien de temps» les membres du caucus libéral étaient au courant des gestes commis par le député.

Avant que M. Sklavounos n’annonce son retrait, la député de la Coalition Avenir Québec (CAQ) Nathalie Roy avait exigé que celui-ci soit exclu du caucus «immédiatement» à cause des «allégations d’agression sexuelle le visant, dans un message publié sur Twitter.

L’attaché de presse de Mme Roy avait précisé à TC Media que, même sans preuves que les allégations visaient bel et bien Gerry Sklavounos, la députée caquiste exigeait son retrait. «[Tony] Tomassi a été exclu et il n’y avait que des allégations», rappelle Alexandre Lahaie.

Gerry Sklavounos a été élu député sous la bannière libérale dans la circonscription montréalaise de Laurier-Dorion, en 2007. Il occupe depuis avril 2014 les fonctions de leader parlementaire adjoint du gouvernement.

Face au gouvernement minoritaire de la première ministre péquiste Pauline Marois, le député a agi à titre de porte-parole de l’opposition officielle en matière d’enseignement supérieur – de septembre 2012 à septembre 2013 –, puis de porte-parole en matière de développement durable et d’environnement – de septembre 2013 à mars 2014.

On peut voir sur la page Facebook de M. Sklavounos qu’il est père de deux enfants.

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