Archives TC Media Des organismes communautaires réclament notamment des logements pour les familles dans le quartier Villeray.

Des données du recensement 2016 dévoilées récemment dressent un portrait mitigé du logement dans Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension. Le parc immobilier est vieillissant et parfois vétuste alors que plusieurs familles vivent dans des logements trop petits.

Près de 12% des logements de VSMPE sont considérés comme étant de taille insuffisante selon ces données issues du profil sociodémographique de l’arrondissement. Ces statistiques collectées lors du recensement de 2016 montrent que VSMPE figure parmi les zones les plus concernées par cette problématique, au même titre que ses voisins Ahuntsic-Cartierville, Saint-Laurent, Montréal-Nord et Saint-Léonard.

Par ailleurs, entre les deux derniers recensements de 2011 et 2016, le portrait immobilier de VSMPE n’a que très peu changé puisque la part de logements avec moins de deux chambres n’a diminuée que de 0,4%, passant de 72,6% à 72,2%. Les comités logement de l’arrondissement réclament pourtant des appartements plus grands pour les familles.

«Il y a peu de logements disponibles et ceux qui le sont sont trop chers. Les familles ont de la difficulté à se loger. On revendique des logements sociaux pour répondre à ce besoin, mais le programme Accès Logis n’a pas été réévalué depuis 2009 et les dernières constructions sont souvent adaptées aux personnes seules», déplore Geneviève Breault, organisatrice communautaire à l’Association des locataires de Villeray (ALV).

Cette suroccupation est particulièrement répandue dans Parc-Extension qui accueille de nombreuses familles immigrantes. Par manque de moyens financiers, cette population est souvent prête à accepter des logements exigus et insalubres.

«C’est une donnée qui revient souvent. D’un recensement à un autre, on constate qu’il y a un plus grand nombre d’enfants par logement», déplore André Trépanier du Comité d’Action de Parc-Extension (CAPE).

Insalubrité
La question de l’entretien des logements est l’autre point noir de ce profil sociodémographique de VSMPE. Dans ce secteur où près de la moitié du parc immobilier a été construit avant 1960, Statistique Canada considère que 9% des logements ont besoin de réparations majeures.

Ce taux est au-dessus de la moyenne montréalaise (7,9%) et est comparable à ceux de Rosemont–La Petite-Patrie et du Plateau–Mont-Royal, qui comptent aussi de nombreuses constructions anciennes. À eux trois, ces arrondissements contiennent plus du quart des bâtiments qui nécessitent des réparations majeures à Montréal. De plus, selon André Trépanier, ces statistiques ne reflètent que partiellement la réalité des quartiers.

«Les données de réparation majeure de Statistique Canada sont sous-estimées, car c’est l’occupant qui répond et il ne sait pas nécessairement quelles réparations sont à faire s’il est locataire, mais aussi parce qu’elles ne prennent pas en compte les problèmes de salubrité, notamment la vermine», pointe M. Trépanier.

De son côté l’ALV dénonce aussi un phénomène de chasse des locataires pratiquée par certains propriétaires malveillants qui espèrent profiter de l’attractivité grandissante de Villeray pour relouer à un prix plus élevé.

«Les propriétaires utilisent des stratagèmes pour se séparer des locataires. Ils savent qu’ils vont trouver des gens qui sont prêts à payer des prix exorbitants», s’insurge Mme Breault.

André Trépanier souligne que ce phénomène commence à arriver dans Parc-Extension, puisque le quartier a gagné en attrait avec l’installation du nouveau campus Outremont.

Réponse politique
Projet Montréal avait fait de cet enjeu du logement l’un des points principaux de sa campagne municipale dans l’arrondissement. Au lendemain de son élection, la mairesse de VSMPE, Giuliana Fumagalli, avait d’ailleurs réitéré son intention de travailler pour la salubrité des logements lors d’une entrevue pour Le Progrès.

Pourtant, l’ALV regrette de ne pas encore avoir été consultée par la nouvelle administration. Une rencontre prévue cette semaine a été reportée par la mairie.

«C’est un peu frustrant. Pour l’instant, on n’a rien sur la table, il n’y a pas d’engagement, pas de plan de match et nous sommes un peu inquiets qu’ils fassent de la déresponsabilisation», avoue Geneviève Breault.

Le CAPE est moins critique que l’ALV face à la nouvelle administration, mais l’organisme attend aussi des mesures et souhaite également rencontrer Mme Fumagalli pour discuter de l’enjeu de la salubrité des logements.

Contactée par TC Media, la mairesse de VSMPE n’a pas répondu à nos demandes avant la publication de ces lignes.

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