TC Media Catherine Paquette L'association québécoise des CPE (AQCPE) a invité ses membres à afficher une bannière à l'effigie de la campagne «Toujours fous de nos enfants» devant leur bâtisse et à récolter 1000 noms par CPE pour la pétition qui sera remise à l'Assemblée nationale.

Déjà affaiblis par la réduction de plusieurs milliers de dollars de leurs subventions en 2015, des CPE du quartier craignent d’être carrément assommés par les nouvelles compressions de 120 M$ annoncées à l’échelle du Québec par le gouvernement Couillard.

Au CPE Chez nous chez vous, qui compte 151 enfants, on sonne l’alarme.

«Ça a déjà été difficile avec les coupes, on ne sait pas comment on va s’en sortir avec le double. On s’en va où, on s’en va vers des fermetures?» se questionne Anne Lyrette, membre du conseil d’administration du CPE.

La directrice générale, Aurélie Laly, se dit tout aussi inquiète. L’an dernier, les coupes se sont chiffrées à 68 000$. Cette année, selon elle, elles pourraient s’élever à 150 000$ ou 200 000$.

«On essaie de tout faire à l’interne pour que ça ne paraisse pas trop sur les services, mais c’est sûr que l’année prochaine, ça va paraître. On ne sait pas comment on va faire. Le plus enrageant, c’est que plutôt que de dire on ne veut plus de CPE, [le gouvernement] nous asphyxie à petit coup», déplore-t-elle.

Déjà, le CPE Chez nous chez vous a retiré trois éducatrices et une directrice. La direction a également diminué le nombre d’heures dédiées à la cuisine ou à l’entretien, et même à la préparation d’activités éducatives. 

«Avant, elles pouvaient passer quatre heures par semaine à faire leur planification. Maintenant, elles n’ont plus que 15 minutes par jour. En un quart d’heure, c’est difficile de noter des observations chez les enfants, faire des analyses et ajuster les activités», explique Mme Laly.

L’éducatrice Taous Hadim regrette de ne plus pouvoir offrir une éducation de qualité aux enfants et craint de voir des épuisements professionnels à cause de la surcharge de travail.

«C’est extrêmement effrayant de voir qu’on fait des coupes dans le système d’éducation, qui prépare notre société de demain», clame-t-elle.

Incertitude
Même inquiétude au CPE Graffiti, où l’on se demande comment pallier le manque à gagner.

«On est dans l’incertitude. S’ils [nous] coupent encore 100 000$, je n’ai aucune idée où l’on pourra aller chercher ça», déplore André-Anne Legris, directrice générale de ce CPE de la rue de Castelnau.

Cette dernière affirme que le CPE Graffiti a subi l’an dernier une réduction budgétaire de 70 000$, forçant la direction à réduire les heures de travail, à couper dans l’entretien et à surcharger les éducatrices de nombreuses tâches. Les quatre gestionnaires sont déjà débordées, et aucune des quatorze éducatrices n’est «en surplus», selon la directrice de ce CPE qui compte deux établissement de 80 enfants chacun.

Chez les deux CPE rencontrés par TC Media, on s’entend pour dire que les parents réagissent timidement pour l’instant. Mais les directrices et les employées sont convaincues qu’ils ne douteront plus de la menace qui plane sur le milieu de garde de leur enfant d’ici quelques mois.

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