Ronen Zvulun Ronen Zvulun / The Associated Press

JÉRUSALEM — Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a fait fi mercredi des recommandations de la police qu’il soit traduit en justice sous des accusations de corruption et d’abus de confiance dans deux affaires, en déclarant que les allégations sont «biaisées (et) pleines de trous, comme du fromage suisse».

Il a promis de ne pas démissionner.

S’exprimant lors d’une rencontre du gouvernement à Tel Aviv, M. Nétanyahou a assuré que son gouvernement est stable en dépit de l’annonce de la police. Il a ensuite déclaré que «la vérité finira par sortir et il ne se produira rien du tout».

Il affirme que la valeur des cadeaux que la police prétend qu’il a reçus a été gonflée «au-delà de toute reconnaissance». Il ajoute que le rapport «essaie de créer une fausse impression d’échanges qui n’ont jamais existés».

La police israélienne a annoncé tard mardi que M. Nétanyahou a accepté des cadeaux d’une valeur de près de 300 000$ US de deux milliardaires. L’impact de l’affaire reste toutefois à mesurer: pratiquement tous les ministres de M. Nétanyahou lui ont réitéré leur appui et aucun membre de sa coalition ne semble vouloir claquer la porte.

Le whip de la coalition, David Amsalem, a même accusé la police d’avoir agi illégalement en essayant de perpétrer un «coup d’État».

Ces recommandations marquent une fin dramatique à une enquête de plusieurs mois sur des allégations selon lesquelles M. Nétanyahou a accepté des cadeaux du magnat d’Hollywood Arnon Milchan et du milliardaire australien James Packer, et sur les soupçons d’une offre par le premier ministre d’accorder un traitement préférentiel à un éditeur de journal en échange d’une couverture favorable.

Ces recommandations seront soumises au procureur général Avihai Mendelblit, qui examinera les éléments de preuve avant de décider si des accusations doivent être déposées. M. Nétanyahou peut demeurer en fonction durant le processus, qui pourrait s’étirer sur quelques mois.

Mais avec un nuage flottant au-dessus de sa tête, il pourrait rapidement se retrouver au coeur d’appels à son retrait. Lors de circonstances similaires il y a une dizaine d’années, M. Nétanyahou, en tant que chef de l’opposition, avait exhorté le premier ministre de l’époque Ehoud Olmert à se retirer durant une enquête policière, disant qu’un dirigeant «immergé jusqu’au cou dans les interrogations» ne pouvait pas gouverner adéquatement.

L’ancien premier ministre Ehoud Barak, un rival féroce de M. Nétanyahou, l’a appelé à se retirer et a invité la coalition à désigner un remplaçant mercredi matin.

«La profondeur de la corruption est effrayante. Ce n’est pas une mince affaire», a-t-il fait valoir.

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