AP Uber teste ses véhicules autonomes sur les routes nord-américaines depuis plusieurs mois.

L’accident mortel qui a coûté la vie à une piétonne happée par une voiture autonome de la compagnie Uber, lundi en Arizona, n’arrêtera pas pour autant la course industrielle entre les constructeurs. «Mais sur le chemin vers le “zéro accident”, il va malheureusement y avoir d’autres accidents comme [lundi]», explique à Métro Nicolas Saunier, professeur agrégé au Département des génies civil, géologique et des mines de Polytechnique Montréal.

Quel effet pourrait avoir cet accident sur la conception de la voiture autonome?
Il y a un risque qu’il y ait un frein à la conception, puisque ça pose des questions en matière de sécurité. On s’attendait à ce qu’il y ait des accidents, malheureusement mortels, parce que ces véhicules sont encore à l’étape des tests. On vise à terme une technologie parfaite qui va éliminer tous les accidents. Mais sur le chemin vers le «zéro accident», il va malheureusement y en avoir d’autres.

La concurrence féroce entre des géants comme Google ou Uber pour produire les premiers modèles viables peut-elle augmenter les risques d’accidents?
C’est une question légitime. Il y a effectivement une course industrielle entre plusieurs constructeurs. Difficile de dire si certains ont tourné les coins ronds et que l’accident d’hier ait été provoquée par cela. Il est important d’attendre les résultats de l’investigation pour déterminer s’il y a eu négligence.

À quel horizon verra-t-on les premières voitures entièrement autonomes sur nos routes?
Les prédictions des constructeurs sont relativement stables depuis cinq ou six ans et l’horizon 2020 demeure crédible. On est déjà capables de conduire de façon autonome dans de bonnes conditions climatiques sur l’autoroute, par exemple. Ce qu’il faut, c’est trouver une façon de le tester en toute sécurité. Les autres obstacles sont essentiellement humains : l’acceptabilité, les problèmes d’assurances, etc.

Les autres utilisateurs de la route, piétons et conducteurs humains, auront-ils à s’adapter à la voiture autonome?
Il faut que la technologie s’adapte à nos environnements existants et à la façon dont on se comporte dans nos villes, pas l’inverse. C’est avant tout un problème de transition. On sait qu’on va vers une autonomisation des transports, mais on ne sait pas comment y arriver. On est au même stade de transition que lors du passage du cheval au véhicule automobile

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