Métro Avec l’argent en plastique, on a moins conscience de l’impact réel de nos achats sur nos finances.

La neige est arrivée, les décorations sont sorties, les vitrines sont attrayantes, pas de doute, Noël est à nos portes… comme toutes les tentations qui viennent avec le temps des Fêtes.

Êtes-vous du genre à oublier vos bonnes résolutions lorsque vous entrez dans un magasin? Vous n’êtes pas seul(e). Le club des acheteurs dits compulsifs a eu tendance à grossir ces dernières années. Maintenant que l’argent en plastique (celui des cartes, pas des billets en polymère!) est devenu omniprésent, on a moins conscience de l’impact réel de nos achats sur nos finances. Le trou est moins apparent, du moins pas avant que n’arrive le fichu compte mensuel et le dur rappel à la réalité.

Et encore, ça dépend. S’il y a une période de l’année où on peut se permettre quelques folies pour ses proches tout comme pour soi-même, c’est bien celle de Noël. C’est simplement une question de mesure. Il peut arriver qu’on exagère. Mais si la chose se produit trop souvent, il faut se demander si on n’est pas devenu, au fond, un acheteur compulsif.

Une étude réalisée en 2006 à l’Université Stanford, en Californie, demeure la référence en la matière, même si le phénomène est plus analysé que jamais. Elle révélait que 6 % des femmes pouvaient être rangées dans la catégorie des acheteuses compulsives. On s’entend : il est véritablement question ici de paniers percés, de gens qui dépensent sans compter et qui éprouvent en même temps, tout au moins temporairement, un sentiment d’euphorie. Il s’agit ni plus ni moins d’une forme de dépendance.

Si on en a les moyens, les dommages sont limités. Mais la plupart du temps, cette obsession mène tout droit à un endettement excessif, avec tous les risques qui en découlent.

Au-delà du cliché – «on le sait bien, les femmes sont dépensières» –, ce qui pourrait étonner, c’est que la proportion d’hommes dans la même situation est pratiquement aussi élevée, à 5,5 %. Autrement dit, la compulsion est unisexe et les hommes sont aussi susceptibles de perdre le contrôle que les femmes en magasinant.

Pour ce qui est des hommes, on a également remarqué que ce comportement d’achat incontrôlé vient par vague, souvent à la dernière minute, comme si les vannes s’ouvraient à la dernière minute lorsqu’on se sent en retard dans ses achats. Je pense aux autres, pourquoi je ne me gâterais pas un peu moi aussi? D’autres diraient qu’ils sont plus sujets à se faire piéger par le dernier gadget à la mode, lui-même suivi par un nouveau, et vogue la galère…

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas un crime. Mais c’est un danger réel.

Remarquez, il s’agit de cas extrêmes, quasi pathologiques, qui vont au-delà des faiblesses passagères, qui font, elles, partie du quotidien.

Un sondage présenté plus tôt cette semaine indiquait d’ailleurs que la grande majorité des Québécois (77 %) admettent des dépenses qualifiées de «malsaines», qu’on aurait tendance à regretter après coup. L’enquête a été réalisée pour le compte de l’organisme SOS Dettes et de la firme Capital One.

On parle cependant ici de billets de loterie, de repas au restaurant et autres plaisirs plus ou moins coupables. Sans en sous-estimer l’importance, on peut néanmoins dire que ces dérapages relèvent davantage de mauvaises habitudes que d’un trouble obsessionnel compulsif.

Reste qu’à terme, ils peuvent nous empoisonner la vie… et les finances. C’est pourquoi on suggère d’en faire le suivi pour éventuellement départager les besoins réels, les gâteries tout à fait acceptables et les dépenses inconsidérées.

De quoi vous faire sentir coupables si vous partez magasiner alors que vous cherchez simplement à oublier la grisaille de novembre? Non. Il ne faudrait pas! Mais on peut avoir du plaisir avec des achats à sa mesure. Ce sont les meilleurs.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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