Parlez-nous de vos origines…
Je suis né le 15 juin 1985 à Jijel, une ville du nord-est de l’Algérie mieux connue comme le fief d’une grande vedette de l’humour appelée «l’Inspecteur Tahar», qui a marqué toute l’Algérie après l’indépendance.

Quel genre d’enfant étiez-vous?
Gourmand. J’étais gras et je trainais dans les jupons de ma mère dans la cuisine. J’aimais la bouffe et sa préparation. J’attendais avec impatience le couscous du dimanche. À l’école, je me débrouillais bien. J’ai toujours vu mon avenir tel que je le vis maintenant, c’est-à-dire faire quelque chose que j’aime et être heureux dans ce que je fais. Par contre, je n’avais pas un but précis. Même maintenant! D’ailleurs, quand on me questionne sur ce que je fais, je réponds : «Je vends du flou». Vendre du flou à une époque où on veut mettre chacun dans un carcan, ça marche!

Cinq ans après votre naissance, votre famille au complet a immigré en France. Comment avez-vous vécu cette nouvelle réalité?
J’ai fait le parcours classique de l’immigré de banlieue dans des écoles de quartier. Pour mettre toutes les chances de notre côté, mon père nous a inscrit mon frère et moi dans un collège catholique privé. Une institution à la réputation raciste digne d’une prison à haute sécurité où on rentre avec des badges. Finalement, c’est là où je me suis épanoui le plus. J’ai eu la chance de faire une option en cinéma qui a mis ma carrière artistique sur les rails.

Pourquoi êtes-vous venu à Montréal?
Pendant que j’étais au lycée, il y a eu un Salon de l’étudiant à Rennes et j’ai été attiré par le kiosque des HEC Montréal. Ça m’a marqué même si après le lycée, j’étais allé faire un an à l’Université de La Rochelle. Une expérience qui m’a convaincu que j’en ai eu ma dose de la France! J’ai opté alors aux HEC de Montréal, en 2004.

C’est votre vrai départ du carcan familial….
À 18 ans et demi, j’ai quitté toute la famille restée en France. À l’époque, j’étais assez inculte pour ne pas savoir que Montréal est une ville du Québec. Je croyais que le Québec était une ville et une région en même temps. J’étais persuadé de recevoir une éducation anglophone alors que je me suis retrouvé aux HEC à parler français avec des Français que je venais de fuir. Après, je me suis rendu compte que j’avais des atomes crochus avec les Français d’ici, c’est-à-dire le goût de partir pour découvrir autre chose et apprécier les autres cultures.

Comment pouvez-vous qualifier votre arrivée ici?
Je suis de nature positive. Mon arrivée s’est passée dans l’euphorie et la découverte. Je me suis installé à Côte-des-Neiges. Aux HEC, exubérant de nature, en deux mois, j’ai fait la connaissance de tout le monde. À l’hiver 2005, on m’a alors demandé d’interpréter un sketch de Gad Elmaleh au spectacle «Talent show» de l’école. Ayant déjà fait du théâtre, je leur ai proposé à la place de jouer mon propre numéro. Et là, je me suis rendu compte que même si j’étais marrant tous les jours, écrire un sketch est une affaire plus compliquée. J’ai fini par adapter et interpréter le sketch de la cigarette de Gad. Le numéro a fait le plus de bruit et j’ai eu droit à des applaudissements debout. Le public et le jury m’ont décerné le premier prix.

Pourquoi l’humour?

D’abord, j’ai eu le parcours classique du fanfaron qui blague tout le temps et dont ses amis le poussent à faire de l’humour. Ensuite, je suis issu d’une famille qui aimait l’humour. J’étais aussi influencé par les grands personnages d’humoristes algériens comme «L’inspecteur Taher» et «Hassan Terro». Cependant, celui qui m’a le plus fait aimé le type d’humour one-man-show, c’est l’humoriste français Smaïn. J’étais un fan. Après, il y a eu Jamel Debbouze, le Will Smith de la France, et Gad Elmaleh, bien sûr. Par contre, je n’ai jamais visé être humoriste. Je suis plus un amuseur public attiré par le spectacle et toutes ses filières comme la musique, etc.

Quel a été votre premier spectacle comme professionnel?
En 2006, j’ai présenté le premier sketch de ma vie que j’ai écrit, au Kola Note. Ce qui est magique dans mon parcours, c’est que cette salle est devenue le Cabaret du Mile-End où on présente notre Couscous Comedy Show. À ma deuxième année à Montréal, les organisateurs du Talent Show des HEC m’ont invité à présenter un autre numéro. Là, je me suis juré de jouer mon propre sketch. C’est l’un de mes meilleurs passages sur scène, même aujourd’hui. Et j’ai encore gagné le premier prix.

Après?
En 2007, j’ai interprété le premier rôle de la pièce la Cage aux folles aux HEC Montréal. Ma quatrième année, il n’y a pas eu d’œuvre artistique. Je me suis concentré sur mes cours quand j’ai fait la première partie de Dieudonné.

La suite de cette interview dans mon prochain billet.
À lire : Couscous Comedy Show : le spectacle d’une vie!

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