Bassem Youssef au Daily Show

Depuis l’arrivée des Frères musulmans au pouvoir en Égypte, le monde «civilisé» craint pour ce grand pays arabe. Un clown semble toutefois avoir l’antidote: le rire contre le pire!

Ce bouffon se nomme Bassem Youssef, un célèbre humoriste né avec la révolution égyptienne. Il est à la barre d’une émission hebdomadaire satirique qui bat tous les records d’audimat. «Al Barnamaj» – qui signifie «le programme» en arabe – est un talk-show inspiré des programmes télévisés quotidiens américains de divertissement de fin de soirée comme The Tonight Show.

Avant de devenir une star, Bassem a gagné ses galons à l’épreuve du feu. Il est devenu un des symboles de la révolution égyptienne contre Moubarak. Durant le soulèvement populaire, ce cardiologue de métier avait décidé de produire des clips vidéos se moquant du pouvoir. Ils avaient fait un malheur. Les vidéos du «Bassem Youssef show» ont dépassé les cinq millions de visionnements sur le web, en trois mois. Aussitôt, les chaînes de télé privées de son pays se le sont arraché. D’abord ONTV, avant que la CBC ne l’engage.

Depuis lors, Bassem n’épargne aucun sujet, personne n’est à l’abri de ses critiques mordantes et rien n’y échappe : sa propre chaîne, les islamistes, les symboles du pouvoir – notamment le président Morsi – la gauche, les révolutionnaires. Son succès est devenu planétaire. On parle de 120 millions de visionnements de ses émissions sur la toile. En juin 2012, Jon Stewart l’a même reçu à son Daily show. Regardez la vidéo de leur rencontre, c’est un incontournable de la télé!

Mais voilà, dernièrement, Bassem a défrayé la chronique judiciaire, car il dérange. Début 2013, l’avocat des Frères musulmans, Mahmoud Hassan Abou al-Aynayn, avait déposé une plainte contre Bassem. Il l’a accusé de ridiculiser le président Morsi par ses propos sarcastiques et à connotation sexuelle. Le procureur général a décidé d’ouvrir une enquête. Pas suffisant, apparemment! Le plaignant a revendiqué l’arrêt de l’émission et la fermeture de la chaîne qui la diffuse en attendant le procès.

Autre Bassem, le plaignant n’avait dans le collimateur rien de moins que deux ministres, de l’information et de l’investissement, le président de l’autorité générale de l’investissement et des zones franches, le président du C.A. de la zone franche des médias, le président du C.A. de Nile Sate, la société égyptienne des satellites, et le président du C.A. de la chaîne égyptienne CBC. Pour le moment, un tribunal administratif a refusé l’arrêt de l’émission.

Le clown du Caire se moque des politiciens de tous les bords, il fait rire, il fait réfléchir et il commence à faire peur. En attendant l’issu de son procès, peut-être que le rire finira par avoir raison du pire! À suivre…

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