Perspectives désolantes
J’ai 21 ans et je me rends compte ces temps-ci, sans vouloir paraître prétentieuse, que j’ai l’esprit plus allumé qu’une partie de la population. Les gens qui ne se fient qu’aux grands titres me désolent. Les grands titres qui, eux, proviennent en majorité de la même tête dirigeante, il faut se le rappeler. Les personnes qui généralisent me répugnent.
«Un groupuscule de citoyens vient de bloquer le pont Champlain pour manifester contre la hausse.» Des extrémistes, il y en a toujours eu. Peu importe dans quel pays, peu importe de quelle religion et peu importe la cause défendue.
Cela dit, les gens qui manifestent contre la hausse ne sont pas tous des étudiants, loin de là. Et les étudiants ne sont pas tous une «gang de malades», loin de là. Ils sont tout sauf égoïstes, puisque leur parcours scolaire se termine dans un an ou deux. Ils se dévouent donc pour les bambins, les jeunes écoliers du primaire et du secondaire qui, eux, devront faire face à cette situation dans quelques années.
Il n’y a rien que je trouve plus dégradant qu’entendre une personne d’un certain âge – qui devrait avoir l’esprit ouvert et éclairé après ses quelques décennies de vie – dire des faussetés. Les citoyens qui se prononcent contre la hausse et contre les gestes injustes du gouvernement ont raison de s’exprimer ainsi. Je trouve d’ailleurs admirables tous les moyens de sensibilisation et de contestation qu’ils ont réussi à utiliser depuis maintenant plus de cent jours. Cent jours de dévouement et de désir de ne pas se faire piler dessus par les «plus forts».
Ce n’est pas compliqué, lorsque j’assiste à d’énormes manifestations festives, ça vient me toucher au fond du cœur de voir toutes ces générations, toutes ces nationalités et ces origines différentes, réunies pour un seul but commun. Un avenir meilleur pour notre belle province.
Donc, quand vous allez vouloir crier des bêtises à vos confrères et consœurs, la «gang de fous» qui ne savent pas vivre, tentez donc au préalable de savoir à qui vous vous adressez et de vérifier si vos propos sont justes, justifiables et non diffamatoires.
– Émilie Rose Castonguay, étudiante à l’Université de Montréal au baccalauréat en sciences de la communication
Harper et les enfants
La réforme conservatrice de l’assurance emploi affectera les chômeurs, mais aussi les enfants. Aux pensions alimentaires de Revenu Québec, les saisies sur les prestations d’assurance emploi de nombreux débiteurs assurent souvent la régularité des paiements aux créancières. Même que, trop fréquemment, c’est la seule façon qu’elles ont de récupérer les arriérés dus (s’il n’est pas toujours aisé de trouver l’employeur d’un mauvais payeur, pour ce qui est du chômage, avec le NAS, c’est gagnant à tout coup, et la saisie est bonne pour cinq ans).
Mais combien seront-ils à se qualifier une fois le projet tory entériné? Beaucoup de débiteurs sans emploi devront se faire une raison et frapper à la porte du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec (MESS). Comme c’est un revenu de dernier recours, aucun montant n’y sera saisissable.
En matière de lutte contre la pauvreté des enfants, le Canada arrive au 24e rang sur les 35 pays étudiés par l’UNICEF. La réforme de l’assurance emploi noircira encore plus ce tableau. Un pays si riche, pourtant, le beau et grand Canada.
Ceux qui réclament que nous administrions nous-mêmes au Québec le volet «assurance emploi», avec les crédits qui vont avec, ont tout à fait raison, car Harper se fout manifestement des enfants. Il n’en a que pour les riches et l’Ouest, sa base électorale.
L’ancien chef libéral, Stéphane Dion aura beau dire qu’une fois Harper parti le problème sera résolu, le hic, c’est qu’il peut rester longtemps au pouvoir…
– Élisa Milan, Montréal