Un endroit où il fait bon vivre

Compte tenu de la propension congénitale que nous avons à nous plaindre, on sera sans doute étonné d’apprendre que Montréal est au deuxième rang parmi les villes du monde où il fait bon vivre, selon la revue The Economist, dans un abrégé d’une analyse d’une quarantaine de pages. Des critères tels que la sécurité, les conditions économiques et fiscales, les infrastructures, etc., ont été retenus. Et pourtant, il y a sans doute présentement une dizaine de faiseurs d’opinion sur LCN ou à la radio qui sont en train de se plaindre de nos conditions de vie.

La seule autre ville canadienne est Toronto, qui est la première ville dans ce palmarès. Or, pour ce qui est du coût de la vie, Toronto est loin derrière Montréal. Il n’y a qu’à penser aux frais de garderie, aux droits de scolarité, au coût de l’électricité, du logement, du transport en commun, etc.

Donc, Montréal est la deuxième ville au monde où il fait bon vivre. Mais si The Econonist décide un jour de désigner la ville où les gens se plaignent le plus pour rien, eh bien Montréal sera sûrement en haut de la liste. Pas seulement sur la Terre, mais dans toute la Voie lactée.

Paul-André Allard

Les impacts réels du projet de loi 20

Monsieur le ministre Barrette,

Avec votre promesse électorale de faciliter l’accès à un médecin de famille, le projet de loi (PL) 20 est certes plus qu’attendu. L’ennui est que le PL 20 met l’accent sur l’accès aux médecins plutôt que sur l’accès aux soins de santé. Sous sa forme actuelle, le PL 20 renforce la structure organisationnelle du système de santé voulant que les médecins doivent assumer l’entière responsabilité des soins de santé. Depuis plusieurs années, les besoins en santé s’accroissent et les conditions cliniques de la population ne cessent de se complexifier. La vision d’une structure organisationnelle linéaire et uniforme est dépassée. Le système de santé est mûr pour une réforme en profondeur et non pour des compressions budgétaires multiples.

Ce projet de loi accentue la perception actuelle des médecins voulant qu’ils doivent porter à eux seuls le système de santé. Par ailleurs, il risque d’anéantir des années d’efforts consacrés à favoriser l’interdisciplinarité et la collaboration, particulièrement avec la profession infirmière.

Les impacts d’un projet de loi centré essentiellement sur la productivité médicale sont majeurs :

– perte de plusieurs postes d’infirmière en GMF (actuellement en vigueur);

– diminution de l’accessibilité aux services de santé pour le patient;

– sous-utilisation des compétences de l’infirmière dans l’évaluation clinique et dans la prise en charge de patients en première ligne;

– difficulté d’accès à un professionnel de la santé sans prescription médicale.

Le PL 20 propose de donner accès à un médecin de famille, mais à quel prix? Le projet de loi 90 (2002, chapitre 33) et le projet de loi 21 (2009, chapitre 28) ainsi que la Loi sur les infirmières et infirmiers proposent des assises pour une réorganisation du système de santé où les connaissances et l’expertise de l’ensemble des professionnels sont mises à contribution, donnant accès à plus de services, à des soins de grande qualité et à un système de santé plus efficient.

Or, le PL 20 donne l’impression de proposer un système de santé qui repose uniquement sur les médecins.

Réforme ou statu quo,

M. Barrette?

Sylvain Brousseau, Marie-Pierre Avoine, Chantale Lemieux, Rinda Hartner, Manon Dinel, Mélisa Lallier, Émilie Laplante, Steeve Gauthier, Natalie Stake-Doucet et Linda Duong. Les signataires sont les membres du Conseil d’administration du Regroupement pour l’avenir de la profession infirmière au Québec (RAPIQ)

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