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Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a promis de revoir la politique d’évaluation des apprentissages.

La raison? Des reportages parus la semaine dernière et révélant que certaines commissions scolaires encouragent leurs enseignants à préparer les jeunes à «passer» les examens, quitte à ne pas couvrir l’ensemble du programme tel que prescrit par le régime pédagogique. Or, les écoles sont tenues de transmettre tous les apprentissages prévus au programme dans chacune des matières.

Cette pratique s’appelle «enseigner pour l’examen». Les commissions scolaires désirent que les élèves aient les meilleures notes possible pour rassurer les parents et montrer leur efficacité. La stratégie consiste donc à enseigner seulement les notions qui se trouveront à l’examen, même si cela veut dire qu’on escamote des parties importantes de la matière prévue au programme.

Où est le problème, demanderez-vous peut-être. Nous voulons tous que nos jeunes réussissent, et cela ne signifie-t-il pas bien les préparer aux épreuves? Ce n’est pas si simple! Laissez-moi vous expliquer.

Dans tous les systèmes d’éducation, avant même qu’on commence à enseigner, il faut déterminer quels sont les apprentissages à transmettre aux élèves. Ces apprentissages sont choisis en fonction des objectifs poursuivis par le système, par exemple préparer les jeunes à devenir des citoyens à part entière et à devenir autonomes par l’acquisition des connaissances et des compétences qui leur permettront de participer à la vie sociale et économique.

Pour s’assurer qu’ils ont retenu ces apprentissages, il est légitime de les évaluer grâce à des tests et à des examens. Réussir ces épreuves, comme l’a rappelé d’ailleurs le ministre, n’est cependant pas l’objectif de l’éducation. Les examens ne sont qu’un moyen, un outil pour s’assurer que les apprentissages choisis au départ ont bel et bien été effectués.

Le rôle des commissions scolaires est de transmettre les apprentissages choisis et qu’on trouve dans les divers programmes d’enseignement. Ce n’est pas leur rôle de faire un tri parmi ces apprentissages en demandant aux professeurs d’enseigner certains d’entre eux et d’ignorer les autres. Une fois qu’il y a entente sur la nature des apprentissages que les jeunes doivent acquérir afin de devenir des citoyens et des travailleurs, les programmes qui transmettent ces savoirs doivent être respectés.

Bien sûr, les programmes et les apprentissages qu’ils contiennent sont sujets à bien des critiques. On pense par exemple à tous les débats qui entourent l’enseignement de l’histoire au Québec. Il faut donc parfois débattre du contenu des programmes et les réviser. En somme, les améliorer pour qu’ils préparent mieux les travailleurs de demain et non les modifier au vol, pour ainsi dire, en triant en classe ce qu’on est bien prêt à enseigner.

Ce qu’il y a de détestable dans cette pratique, c’est qu’au lieu d’enseigner et de préparer les élèves à leur avenir, on se sert d’eux comme outils pour préserver les apparences et la réputation.

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