Il y a deux jours on pouvait se féliciter de l’octroi par Québec de milliers de dollars à trois ONG* qui œuvrent sur le continent africain. Ainsi, Pauline Marois annonçait à la veille du 14e Sommet de la Francophonie en République Démocratique du Congo que l’ONG Développement et Paix obtenait 50 000 $ pour renforcer son travail au Nord-Kivu, Handicap International 75 000 $ pour les enfants congolais handicapés, et enfin Oxfam-Québec 250 000 $ sur deux ans pour venir en aide aux femmes violentées dans ce même Nord-Kivu région congolaise ravagée par les combats.

Un tel coup de pouce n’est pas passé inaperçu dans le milieu de la solidarité et tout le monde s’est félicité de ce geste encourageant. On aurait même pu croire que finalement le Québec prenait en considération l’Afrique, et ce, même si ce rapprochement se faisait par le biais de la solidarité internationale.

On voyait déjà se profiler derrière ces annonces une position forte du Québec. La Belle province prenait clairement le contrepied de la politique du gouvernement Harper qui tourne le dos au continent noir depuis 2009, année de coupure dans les programmes d’aide au développement en réduisant de moitié le nombre de pays africains bénéficiant de l’aide canadienne.

Et à Marois de déclarer : «Face à tant d’épreuves, il faut croire qu’un monde meilleur et plus juste est possible, que la solidarité humaine est en mesure de faire reculer la souffrance et la pauvreté, ne fût-ce que d’un pas».

Mais hier, le 14 octobre, on apprend que curieusement la première Dame est restée silencieuse sur un enjeu pourtant majeur pour l’Afrique : sa place dans la diplomatie internationale.

Alors que Pauline Marois pouvait poursuivre sur sa lancée et appuyer plus concrètement le continent dans sa quête d’un siège permanent au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, la première Ministre a, sur ce plan, laissé les commandes à M. Harper pour régler cette problématique fondamentale pour l’Afrique.

Et tout naturellement, Ottawa s’est opposé à ce que la Francophonie plaide en faveur du continent africain dans l’obtention d’un siège permanent à l’ONU.

«Sur cette question, nous avons laissé le Canada intervenir. Nous nous prononçons généralement sur pas mal toutes les questions. Mais sur celle-là, nous n’en avons pas débattu et nous n’avons donc pas pris positon», a expliqué Madame Marois en conférence de presse.

Cette « question », n’est pas juste une question parmi d’autres Madame Marois. Elle permettrait juste de rétablir un équilibre dans la diplomatie internationale et de donner à l’Afrique la juste place qui lui revient.

Le Québec serait certainement sorti grandit si l’équipe de Madame Marois s’était penchée sur la « question ».

Rappelons que le Conseil de sécurité se compose de 15 membres, dont 5 membres permanents pourvus du droit de veto (Chine, États-Unis, Russie, France et Royaume-Uni). Ce club des 5, qui sont les principaux vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, n’a jamais été remis en question depuis sa création en 1946. Or la diplomatie internationale et la place de l’Afrique ont bien changé depuis…

(ONG: organisation non-gouvernementale)

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