L’histoire a fait huit fois et demie le tour du monde en moins d’une semaine: le témoignage déchirant de ce père Noël professionnel, Eric Schmitt-Matzen, qui affirme avoir tenu un enfant mourant dans ses bras alors qu’il vivait ses derniers moments.

L’inspecteur viral avoue avoir trouvé l’histoire un peu trop belle pour être vraie au premier coup d’oeil. Mais, pourtant, le reportage se basait sur un vrai témoignage d’un vrai personnage, et provenait d’un vrai média d’information.

Or, semble-t-il, l’histoire a été sérieusement remise en question.

En premier lieu, le journal qui a parti le bal, le Koxville News Sentinal, a décidé mercredi de retirer l’article, en expliquant qu’il ne convient pas à ses pratiques journalistiques.

«Depuis la publication, le News Sentinel a continué à enquêter sur l’histoire pour tenter de vérifier de façon indépendante le témoignage de M. Schmitt-Matzen. Nous avons échoué. Même si des détails sur son passé ont été vérifiés, son histoire concernant l’enfant mourant n’a pas pu l’être. Le News Sentinel ne peut pas confirmer que l’histoire est fausse, mais plus important, nous ne pouvons pas prouver qu’elle est exacte», a déclaré l’éditeur du journal, Jack McElroy

L’inspecteur viral se demande pourquoi le journal n’a pas fait ces vérification avant d’avoir publié l’histoire, mais bon.

Ensuite, le réseau américain CNN a contacté tous les hôpitaux dans la région de Knoxville pour tenter de vérifier l’histoire. Aucun centre hospitalier n’a été en mesure de confirmer l’histoire.  Le Washington Post a tenté la même expérience, avec les mêmes résultats.

Le blogue Mediaite a même effectué une recherche dans les avis nécrologiques de Knoxville pour tenter de trouver un enfant de 5 ans décédé en novembre, sans succès.

Le principal intéressé a refusé toute entrevue. Il a par contre affirmé au Washington Post maintenir que son histoire est vraie. Un ami de M. Schmitt-Matzen, Ricky Joiner, a affirmé au même journal avoir reçu un appel du père Noël professionnel le lendemain des faits en question. Il refuse de croire que son ami lui aurait menti.

Bref, nous ne savons pas si c’est faux, mais plusieurs éléments de l’histoire semblent assez louche. Est-ce que tous les médias de la planète se sont fait berner? Possible.

Une note de l’inspecteur: plusieurs personnes sur les réseaux sociaux crient à la «fausse nouvelle», mais ce n’est pas le bon mot. Un média s’est peut-être fait flouer (et ça reste à prouver), mais le journal n’a pas inventé l’histoire de toutes pièces. Ce n’est donc pas une «fausse nouvelle». Le média en question a même eu le courage de retirer l’article et d’admettre son erreur, ce que les créateurs de fausses nouvelles ne font bien sûr pas.

Il faut faire attention de ne pas accoler l’expression «fausse nouvelle» à tout ce qui n’est pas 100% vrai sur le web. Les médias se trompent, se font flouer, embellissent les histoires. Ça arrive. Comme toute entreprise humaine, les médias sont faillibles. Par contre, une fausse nouvelle, c’est quand on invente carrément une histoire dans le but de faire circuler un truc sur le web. Selon l’inspecteur, ce n’est pas le cas ici.

Crier à la «fausse nouvelle» à tout bout de champ, c’est comme crier aux loups. Ça crée de la confusion, et ça masque le vrai problème. Attention!

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