C’est quand même paradoxal, la vie de célibataire. Un peu pompette dans un party, je n’ai pas de problème à aller aborder un jeune homme qui m’est tombé dans l’œil, et après quelques verres, à l’inviter à coucher chez moi, mais dans la vie de tous les jours, quand je rencontre un garçon qui me plaît vraiment, je fige, j’ai de la difficulté à jouer le jeu de la séduction, et même, je rougis!

Paradoxale, vous dites? On cherche désespérément le gars qui va nous chavirer un tant soit peu, et quand ça arrive, on a de la misère à faire un «mouv». Ici, en passant, «on» est la personne qui parle!

Pour tout vous dire, il y a quelques semaines, je suis passée devant un nouveau commerce du Plateau et, de nature curieuse, j’ai commencé à discuter avec le propriétaire. Plus la discussion progressait, plus je me rendais compte que l’homme que j’avais devant moi était vraiment mignon et que son sourire était craquant. Je me suis alors mise à bafouiller un peu, car je sentais que lui aussi de son côté semblait me trouver mignonne.

Ici, au lieu de lui sortir ma moue séductrice et de lui faire mes regards «qui tuent», je me suis mise à vouloir m’esquiver : j’étais gênée! De son côté, Maxime, dirons-nous, ne semblait pas du tout vouloir que je m’en aille. Il m’a offert un café, mais moi, je lui ai répondu que je ne buvais pas de café. Étais-je obligée de lui dire la vérité, toute la vérité? Il m’a ensuite offert d’autres trucs à boire et à manger. J’ai dit non, non et non, et je me suis quasiment sauvée en courant.

Après, alors que j’attendais le métro, je me suis trouvée pas mal cocotte. Le gars semblait assez ouvert à l’idée de poursuivre la conversation, et moi, je lui ai coupé ça assez court merci. Arrivée chez moi, rongée par les remords, je me suis mise chercher le gentil jeune homme sur Facebook. Une petite demande d’ami lui prouverait que je ne serais pas totalement fermée à l’idée de le revoir, pensais-je. Malheureusement, celui que je surnomme Maxime, a un prénom et un nom de famille communs. Donc, je n’ai pu le retracer.

La seule solution qui s’offrait à moi était donc que je prenne mon courage à deux mains et que je retourne le voir et que j’accepte son offre de chocolat chaud. Mais pouvez-vous croire que, depuis, je suis passée au moins deux fois devant son commerce et que je n’ai pas osé aller lui parler! Pourquoi? J’ai de très bonnes raisons! La première fois, il fermait boutique et il semblait occupé, et la deuxième fois, eh bien, il était de dos!

Je sais que ça n’a pas de bon sens! Le pire qui puisse arriver si je lui commande un café, c’est qu’il ne se souvienne pas de moi. J’ai toutefois des peurs beaucoup plus profondes. Peut-être a-t-il déjà une copine? Peut-être qu’il est charmant avec tout le monde et que ce que j’ai interprété comme un intérêt de sa part n’était que le fruit de mon imagination?

Je sais que tout cela est vraiment ridicule, alors je fais la promesse solennelle que, la prochaine fois que je passe devant son commerce, et qu’il y est – ça c’est une autre affaire! – je m’arrête, je commande un café et j’entame une conversation intelligente sans bafouiller. Je suis déjà stressée rien que d’y penser!

Pour joindre notre chroniqueuse : juliette@journalmetro.com

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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