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Salutations et menuet. C’EST VENDREDI. Un vrai vendredi qui annonce le meilleur et qui revêt son petit costume ensoleillé, rempli de promesses de jarrets à l’air et de salade de chou. Beaucoup de salade de chou. Pourquoi tant de chou? Eh bien, parce que ce dimanche, c’est la fête des Mères. Une fête élaborée par de filous foodies qui y ont vu l’occasion toute candide de célébrer celle qui nous a mis au monde. Celle qui nous a bordé. Qui a préparé nos sandwichs au fromage. Qui a, sans retenue, applaudi nos
57 récitals de ballet-jazz. Celle qui, malgré le roussi et les pianos qui nous tombent encore sur le crâne, réussit à tisser sur notre cœur le «ça ira» avec l’assurance de Whoopi Goldberg dans une robe-pantalon limette.

Et, ce qui est formidable, c’est que cette fête toute spéciale et sans laquelle on ne prendrait minute dans l’année pour lui dire «merci ben!» nous revient, dans l’enthousiasme débridé d’une partie de canasta où l’on sort les chocolats à la boisson, avec ce que maman attend, toute l’année durant. Le soir, dans sa jaquette de popeline et coiffée du bonnet de nuit qui retient ses boucles rougettes, maman rêve. Maman rêve à dimanche, impatiente; au moment précis où la famille, SA famille, la célébrera autour d’un baril de poulet.

Mais pas n’importe quel baril. LE BARIL OFFICIEL de la fête des Mères. Celui qui vient avec l’intention. Avec les cérémoniales gencives exposant les chickets de ceux et celles qui ne disent merci qu’avec une volaille frite à la Kentucky et un side dish de pain à l’ail disponible pour un temps limité. Un festin qui la dispense de toute vaisselle, toute gestion de brunoise et de revenage de baloney dans une poêlonne pour satisfaire les plus insupportables palais. Un bonheur clés en main accompagné d’un gâteau au chocolat à deux piastres. Et tout ça, TOUT ÇA, dans nos habits de Pâques, parce que notre mère, elle mérite qu’on sorte le fer à repasser.

Elle mérite qu’on lui dise, puis qu’on lui redise: «Maman, ce petit souper spécial-là, y’est juste pour toi. JE T’EN PRIE, GARDE L’EXCÉDENT DE CHOU POUR TON PETIT LUNCH DE DEMAIN. T’es tellement belle quand tu pleures dans la sauce.»

C’est beau et c’est doux comme une pêche, de nous voir aller. De nous voir la gâter sans compter. De faire des folies! Et puis, un coup parti, de l’inscrire à ce concours «Maman, tu es magnifique!», où une station de radio lui fait miroiter l’extatique et déraisonnable «pour la fête des Mères, faites plaisir à votre maman et offrez-lui LE cadeau qui changera sa vie! Un ensemble laveuse-sécheuse d’une valeur de tant des piastres». Et pourquoi pas un beau set de napkines à la thématique florale. Un batteur sur socle. Une brosse à chiottes et un copieux bouquet d’œillets qu’elle chérira en vous regardant quitter le driveway.

Ce dimanche, maman se pourléchera la barlouche grâce à vous. NE L’OUBLIEZ SURTOUT PAS. Elle a si hâte.
La bise.

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