VRAK Les influenceurs

Si le coloré Elvis Gratton de Pierre Falardeau existait encore en 2017, il serait sans doute un influenceur sur Instagram et YouTube, positionné en caricature bruyante d’un homme-sandwich aux centaines de publicités à peine camouflées.

C’est le parallèle que j’avais en tête en visionnant le premier épisode d’une nouveauté à VRAK : Les influenceurs.

Il s’agit d’une bonne et d’une mauvaise chose. Le premier épisode d’une série de six a piqué ma curiosité en suivant, sans jugement, sans intervention extérieure, le parcours de six influenceurs sur le web. Il faut prendre le mot influenceur au sens large ici, car c’est ma principale réserve par rapport à la production s’adressant au public plus jeune de VRAK.

En effet, on place sur un pied d’égalité, sans exception ou précision, deux types de présence sur le web et je dois avouer, ça m’agace un brin. Il ne s’agit pas d’un jugement de valeurs, comprenez-moi bien, mais plutôt d’un manque de nuance qui place le message de la série en porte à faux.

Je m’explique.

Nous avons, d’un côté, les célébrités des médias sociaux qui, après s’être construites un auditoire avec du contenu personnel, ont commencé à décliner leur image en dollar sonnant en utilisant les leviers de la monétisation sur le web pour gagner leur vie et créer la nouvelle profession que la production souhaite mettre en valeur.

De l’autre côté, il y a des producteurs de contenus qui, de par leur profession, finissent par se construire un large auditoire sur les médias sociaux.

La différence est peut-être subtile en fin de compte, mais elle est pertinente à saisir. Pour vous donner un exemple, plaçons Kim Kardashian et Barack Obama sur un pied d’égalité en parlant de leurs nombreux abonnés sur Instagram. C’est absurde comme comparaison, mais l’émission de VRAK ne fait pas forcément la distinction entre les deux types d’influenceurs et c’est sur cette base que je suis agacé.

Parce qu’il y a un précédent qui peut s’installer et véhiculer le «rêve américain» à une nouvelle génération. Le Think Big Ostie d’Elvis Gratton entre deux likes sur Instagram.

L’idée n’est pas de quantifier la pertinence des six influenceurs présentés par VRAK, pas du tout, ils sont tous intéressants à leur manière et dévoilent des côtés méconnus de la projection de soi sur le web. Ça pourrait faire œuvre utile et montrer à une génération envieuse qu’il y a un réel travail et des sacrifices derrière cette utopie de l’image.

Mais, il faudrait encadrer le tout et orienter le propos. Parce que laissées à elles-mêmes, les images des Influenceurs peuvent être interprétées de multiples façons, comme l’évasif second degré de Guy Nantel par exemple, et des dégâts pourraient suivre.

Ça serait dommage.

C’est une production de qualité et je vais visionner les cinq autres épisodes quand ils seront diffusés. Je tenais simplement à placer ce bémol sur mon appréciation avec un appel à la réflexion.

Il ne faudrait pas qu’ils influencent de la mauvaise façon ces influenceurs de VRAK. Qui plus est, j’ai un autre malaise quand je vois un bandeau publicitaire défiler au début de l’émission qui interpelle les jeunes Youtubeurs du Québec pour qu’ils envoient leur matériel à VRAK. Si l’idée est de recruter des influenceurs, il faudrait peut-être s’assurer de définir ce qu’ils sont au-delà de ce qu’ils projettent.

J’dis ça, j’dis rien.

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