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Il s’en est dit des choses sur Canadien cette saison. Il s’en est aussi beaucoup écrit. 
En gros, ça tournait autour de deux idées. 
Ils étaient pourris. Et lents.

Sur ce deuxième point, on a dit de la défensive qu’elle était lente, que les entrées en zone adverse étaient lentes et que Carey Price avait souvent une seconde – restons poli – de retard sur le jeu.

Toujours à la recherche de la meilleure explication au sujet de la nature du plan mystérieux de Marc Bergevin, j’en suis venu à poser l’hypothèse que Canadien, sans le dire à ses amateurs, avait peut-être décidé de rejoindre le mouvement slow, qui fait des adeptes partout dans le monde depuis quelques années.

Ce mouvement date des années 1980 et fut développé par des gens tannés de courir – et pas sur un tapis roulant au gym – pour aller nulle part.
À l’échelle de Canadien, on comprendrait l’intérêt de plusieurs joueurs pour un tel mouvement.

Après tout, disons-le clairement, il n’y a plus que Paul Byron et Brendan Gallagher qui soient encore assez crinqués pour patiner en débile mental vers la zone adverse, alors que la passe risque de ne jamais venir pour cause de défenseur-pas-capable-de-la-passer-sur-le-tape ou encore parce qu’ils jouent le temps d’un shift avec Nicolas Deslauriers.

Une des idées fortes du mouvement slow est de rompre avec la tyrannie de l’urgence.

Le philosophe français Christophe Bouton, auteur de l’essai Le temps de 
l’urgence, résume bien la chose: 
le problème, avec notre société, c’est qu’on a fait de l’urgence non plus une mesure 
de suspension des règles en cas de force majeure, mais plutôt une norme guidant chacune de nos maudites 
actions quotidiennes.

Et vous savez quoi? Je soupçonne que, dans les hautes sphères de Canadien, quelqu’un a traversé ce bouquin récemment – je parie un deux sur Donald Beauchamp.

Par exemple, prenons l’importance, que dis-je?, le sentiment d’urgence qui habitait les joueurs plus tôt cette saison face à la nécessité de récolter les fameux deux points potentiels associés à chaque partie.

Depuis quelque temps, il semble y avoir un lâcher-prise face à cette urgence, signe que la mentalité slow chemine dans les ti-cocos des joueurs de Canadien.

L’analyse de M. Bouton devient encore plus intéressante lorsqu’il souligne l’importance de redonner à l’urgence la fonction qu’elle avait jadis.

Ainsi, plutôt que de capoter avec l’importance des deux points associés à chaque match, la priorité de Canadien devrait être de se concentrer à être bon quand c’est le temps, soit en séries minatoires. Pour le reste, suffirait de chiller.

Mais encore faut-il s’y rendre, en séries, me direz-vous. Vrai. Mais ne l’oublions pas. Les lièvres vivent 5 ans, et les tortues 200 ans. Rien ne sert de patiner vite, surtout si c’est pour créer un offside à la ligne bleue. Les saisons de 100 points viennent à qui sait attendre.

 

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