En cette année qui commence, j’ai choisi de ne pas faire de résolutions, parce qu’à moins qu’ils ne commencent à vendre des cheeseburgers dans leurs machines distributrices, 
j’ai accepté que les gyms 
ne soient pas pour moi.

Par contre, je me suis permis quelques souhaits.

L’un de ces souhaits est que la nouvelle année nous permette, collectivement, de gagner en maturité politique, c’est-à-dire de trouver le courage et la patience de dialoguer avec nos adversaires politiques.

La gauche et la droite sont aujourd’hui à des années-lumière l’une de l’autre et le dialogue semble rompu. Les réseaux sociaux n’aident vraisemblablement pas et semblent même trop souvent nous ramener dans les corridors d’une gigantesque école secondaire, avec ses petites gangs, ses odieux potins et ses guéguerres stupides.

Soyons honnêtes : la vaste majorité des prises 
de position politiques qu’on lit sur l’internet – et même dans les grands médias – n’ont rien à voir avec une véritable réflexion sur l’organisation de la société, sur une idée du bien commun ou sur une volonté de trouver concrètement des solutions.

Elles consistent plutôt à réaffirmer continuellement son allégeance à une tribu politique, à insulter l’autre clan ou 
à se poser en victime des attaques de ses adversaires. On s’insurge des propos des uns pour se faire donner des tapes dans le dos par les autres.

N’y a-t-il pas moyen de résister à ce rush de dopamine que procure l’impression d’avoir raison (parce que tout le monde dans notre cercle semble d’accord avec nous)? N’y 
a-t-il pas moyen de se sortir de cette joute puérile et politiquement handicapante entre la gauche et 
la droite?

Mais comment devient-on de gauche ou de droite? L’éducation, le contexte familial et la situation socioéconomique ont assurément un rôle à jouer, mais de récentes recherches en psychologie semblent indiquer que cela repose aussi sur des traits de personnalité.

Selon le professeur de psychologie morale de l’université de New York Jonathan Haidt, chez le jeune enfant, il y a deux traits de caractère contraires qui s’affrontent : la curiosité et la prudence.

Certains enfants sont plus portés vers l’une, et d’autres, vers l’autre. Ces deux grandes tensions 
formeront chez l’adulte 
le socle où s’enracineront les «valeurs» politiques.

À gauche, on sera davantage en présence de gens qui aspirent à la découverte, la nouveauté, la diversité, le changement; 
à droite, à des gens qui seront plutôt portés vers l’ordre, la tradition, la 
stabilité, la continuité.

Ces tensions coexistent dans chaque individu, à divers degrés. Et le XXe siècle nous a appris que, poussés à l’extrême, ces biais idéologiques donnent des résultats catastrophiques.

Par 
ailleurs, le libre dialogue politique, la discussion fondée sur des principes de rationalité et de civilité, est l’un des meilleurs mécanismes autocorrectifs permettant à l’ensemble de la société civile, peu importe les allégeances, d’identifier et de prioriser les problèmes auxquels on doit s’attaquer, aujourd’hui et à l’avenir.

Lutter contre la polarisation idéologique est aujourd’hui essentiel pour éviter que la qualité du débat ne se dégrade encore davantage. Il est plus que temps de remettre un peu de rationalité, de diversité, de science et de calme dans la discussion sur notre avenir commun.

Lutter contre la polarisation idéologique est 
aujourd’hui essentiel pour éviter que la qualité 
du débat ne se dégrade encore davantage.

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